Samedi, 50 ans jour pour jour après la cérémonie de clôture de la XXIe olympiade des temps modernes, on célébrera ces inoubliables Jeux par un grand spectacle sur l’Esplanade d’un grand œuvre architectural qu’on appelle encore et toujours le Stade olympique. Le Big O, disent les anglos. Un gigantesque assemblage de béton, actuellement en pleine réfection. Encore ! À la gloire de l’inachèvement, dirait-on : l’ironique anniversaire s’impose. En 1976, c’est sans mat, comme s’il manquait au symbole triomphal son érection finale, que Montréal reçut le monde et ses athlètes. En 2026, pas moyen de fêter à l’intérieur, tant les grues et les bétonnières occupent la place.L’équipe de Multicolore, la grosse boîte de production à qui l’on a confié le spectacle Feu sacré, a compris très tôt qu’on ne pouvait pas aller là. « Bien sûr qu’on y touche un peu, c’est historique », admet volontiers Bastien Alexandre, cofondateur du studio de création Hallucination collective, qui a écrit et mis en scène l’événement avec son collègue Jean Guibert. « Mais on évoque le tout avec amour et beaucoup de respect. Quand on a reçu du Parc olympique ce mandat de spectacle, le choix qui a été mis en avant très rapidement, c’est l’échelle humaine. »Le parti pris « humaincentrique »Le miracle qu’ils soulignent à hauteur d’homme, c’est ce qu’il aura fallu pour qu’envers et contre tous, les installations puissent accueillir les athlètes et leur permettre de se dépasser. Au-delà de la commémoration. « Notre intention, dans ce spectacle, ça a été de retrouver l’humanité à travers les gestes. On est devant des projets de construction absolument gigantesques, mais ces projets sont partis d’une idée, du désir de s’annoncer à la face du monde. Donc, pour nous, à l’échelle d’une scène comme ça, sur une esplanade de festival, ce qui nous intéressait, c’était d’aller chercher des gens qui pourraient exprimer ces sentiments. On s’est tournés vers [le collectif] Les 7 doigts, c’est très “humaincentrique”, contrairement au grand déploiement d’un Cirque du Soleil. Les 7 doigts sont plutôt à la recherche de l’individu à travers la performance, de gens ordinaires qui font des choses extraordinaires. Il y a quelque chose dans le cirque qui nous rappelle les exploits athlétiques, cette capacité d’émerveillement devant les prouesses. C’est ce qu’on a également voulu à travers notre sélection de performances, et c’est le ton qu’on a voulu donner au spectacle. »
«Feu sacré» : hommage inextinguible aux Jeux de 1976
Ce samedi, l’esplanade du Parc olympique offre un grand spectacle multidisciplinaire et anniversaire.










