Même si le caucus conservateur se retrouve de nouveau réduit suivant le départ du député québécois Richard Martel pour le Sénat, le chef conservateur Pierre Poilievre assure que son leadership n’est pas remis en question.« Quand [Richard Martel] m’a appelé pour m’en informer, il m’a dit qu’il voulait continuer à travailler pour les mêmes principes, au Sénat, [comme] il le faisait à la Chambre des communes », a expliqué le chef de l’opposition officielle vendredi.De passage devant les journalistes à partir du Nouveau-Brunswick, M. Poilievre a catégoriquement rejeté l’idée que la décision de M. Martel permette de tirer des conclusions sur son travail de chef. « Non, pas du tout. »Le 7 juillet dernier, le premier ministre Mark Carney a annoncé avoir pigé parmi ses opposants politiques en choisissant de nommer à la Chambre haute le député conservateur Richard Martel. L’ex-entraîneur de hockey, élu pour la première fois lors d’une élection partielle en 2018, pourrait théoriquement siéger au Sénat jusqu’à son 75e anniversaire, au printemps 2036.Ce faisant, le Parti conservateur du Canada a perdu l’un de ses 11 élus québécois. Ce départ coiffe une année où les mauvaises nouvelles se sont succédé pour le chef Pierre Poilievre. Pas moins de quatre élus de son parti l’ont quitté pour se joindre à l’équipe de son principal adversaire, le premier ministre Mark Carney. Cela a eu pour effet de transformer le gouvernement libéral minoritaire en majorité parlementaire en plein mandat, une première dans l’histoire canadienne.Une autre de ses députées, Cathay Wagantall, de la Saskatchewan, a aussi annoncé qu’elle ne reviendra pas siéger à Ottawa en septembre. Les conservateurs se retrouveront alors avec 138 députés, alors que ce parti a remporté les élections dans 144 circonscriptions du pays pas plus tard qu’au printemps 2025.Aux urnes, en étéRichard Martel, élu dans Chicoutimi-Le Fjord l’an dernier, a publié deux messages sur ses réseaux sociaux suivant sa nomination comme sénateur indépendant. Aucun d’entre eux ne salue, ou mentionne, son ancien chef Pierre Poilievre.« Pour moi, devenir sénateur, c’est simplement une autre façon de continuer à travailler pour notre région, le Québec et le Canada », a expliqué le nouveau sénateur dans une déclaration.Le premier ministre canadien, Mark Carney, n’a pas perdu du temps pour déclencher des élections partielles dans sa circonscription, comme dans deux autres du pays, à Toronto et Vancouver. Les électeurs de Chicoutimi-Le Fjord sont appelés aux urnes le 31 août, date de la rentrée scolaire, ce que lui reproche le Bloc québécois et les conservateurs.Mercredi, M. Carney a justifié la tenue de ce scrutin en plein été, tout près du déclenchement des élections générales québécoises. « Il y a un Parlement, et il vaut mieux y avoir des députés au Parlement. » Le Parti libéral y présente le producteur laitier Daniel Gobeil, ancien président des Producteurs de lait du Québec. Envoyer un messageLe Parti conservateur compte sur Régis Gaudreault, avocat et enseignant au cégep de Chicoutimi, pour conserver cette circonscription. Le chef, Pierre Poilievre, a lancé vendredi que cette élection représente une occasion « d’envoyer un message » de la part des citoyens de Chicoutimi, « qui ne sont pas à vendre ». « La vie coûte trop cher, après 11 ans des libéraux. Le coût de l’essence, de la nourriture, de l’épicerie, c’est trop cher. Les gens ont la chance d’envoyer un message que l’on doit réduire les taxes sur l’essence, on doit réduire le coût de la vie. »Le Bloc québécois présente pour sa part Caroline Dubé, ex-employée politique issue du milieu communautaire qui s’est déjà présentée aux élections provinciales dans Jonquière sous la bannière du Parti québécois.Contrairement à d’autres élections partielles récentes, aucune campagne de perturbation du vote par l’inscription massive de candidats farfelus n’est prévue.