Après une Coupe du monde 2026 marquée par une marchandisation sans précédent et complaisamment placée sous influence trumpienne, le président de la FIFA, Gianni Infantino, franchit une nouvelle étape dans la dérive de l’instance dirigeante mondiale du football. Le projet qu’il a révélé, mardi 28 juillet, vise à créer une société commerciale distincte, FIFA Forward Enterprise (FFE), dont 20 % seraient cédés à des investisseurs privés, avec pour fonction de gérer les activités commerciales et événementielles. Il s’agit d’une rupture majeure menant vers un modèle toujours plus lucratif, de plus en plus éloigné de l’idée d’un football gouverné dans l’intérêt général.
Une telle évolution ne relève pas d’un simple choix de gestion. Elle modifierait profondément les rapports de force au sein de la FIFA. L’exigence de rentabilité des actionnaires pèsera inévitablement sur les décisions futures. Calendrier des compétitions, formats, droits audiovisuels, développement des compétitions : tout sera soumis à une pression financière supplémentaire.
L’identité des investisseurs est déjà connue. Joshua Kushner, frère de l’ex-conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, dirige la structure candidate à entrer au capital de FFE. Ce choix ne peut que renforcer les interrogations sur la proximité croissante entre M. Infantino et le président des Etats-Unis. Le Mondial, qui vient de s’achever, a déjà brouillé la frontière entre pouvoir politique et gouvernance sportive. M. Trump s’est ainsi vu octroyer une place inédite dans le déroulement même de la compétition en faisant pression pour modifier une décision d’arbitrage.













