Dans un secteur populaire des hauteurs de Medellín, en Colombie, trois garçons aperçoivent un journaliste en plein tournage pour la télévision. Celui-ci enquête sur de mystérieux faisceaux lumineux qui descendent du ciel la nuit et qui, selon certains résidents, pénètrent dans leurs maisons. On les voit d’abord à l’arrière-plan du reportage, puis les trois adolescents s’avancent peu à peu jusqu’à courir vers l’homme et lui voler sa caméra. Le film adopte alors leur regard : c’est à travers leurs images que l’on découvre leur quotidien, leurs errances, dans ce barrio triste (quartier triste).Premier long métrage de Stillz, artiste états-unien d’origine colombienne ayant réalisé des vidéoclips pour Bad Bunny et Rosalía, le film est produit par EDGLRD, la compagnie d’Harmony Korine. Impossible, dès lors, de ne pas remarquer les affinités entre l’approche surréaliste-trash de Barrio Triste et le style du cinéaste connu pour Kids (1995) et Spring Breakers (2012).C’est surtout vrai dans les premières scènes, qui se révèlent d’une grande violence, où les protagonistes volent un joaillier du centre-ville. Par la bande-son stridente, la caméra à l’épaule nerveuse dans les mains des garçons et les masques troublants qu’ils portent, la mise en scène distille avec pourtant peu de moyens une ambiance étrange, tordue, qui sera maintenue presque jusqu’à la fin.
«Barrio Triste»: en quête de lumière
Le premier long métrage de Stillz, réalisateur de clips de Bad Bunny, nous plonge dans le Medellín des années 1980.










