(Crédit photo: UK Ministry of Defence)
Le commandant en chef adjoint ukrainien affirme que des lasers de combat pourraient arriver sur le front d’ici deux à trois moisSelon les chiffres communiqués par Tryzub en mai 2026, le système atteint 800 à 900 mètres contre les drones FPV et 1 500 mètres contre les drones de reconnaissance. Des performances très inférieures aux portées de trois à cinq kilomètres annoncées par des responsables militaires en 2025Les forces ukrainiennes se sont fixé un objectif de 95 % d’interception des drones, les lasers devant intégrer leur dispositif de défense multicoucheL’Ukraine pourrait déployer des lasers de combat contre des cibles aériennes d’ici deux à trois mois, selon le général de brigade Andrii Lebedenko, commandant en chef adjoint des forces armées ukrainiennes.Des équipes des forces armées et des entreprises privées ukrainiennes du secteur de la défense développent actuellement ces systèmes. Un prototype baptisé Tryzub, ou Trident, fait l’objet d’essais sur des terrains militaires.Le général Lebedenko affirme que cette technologie peut déjà abattre des drones FPV et qu’elle fonctionne déjà contre les Shahed. Selon lui, l’Ukraine disposera d’ici deux à trois mois de systèmes capables de neutraliser des armes d’attaque aérienne plus efficacement que des mitrailleuses.Une réponse urgente ou un prototype aux ambitions de plus en plus limitées ?Tryzub fait l’objet de déclarations publiques depuis environ 19 mois, mais les performances annoncées ont évolué dans une direction inhabituelle.En décembre 2024, Vadym Sukharevskyi, alors commandant des forces des systèmes sans pilote, déclarait à Interfax que l’Ukraine était devenue approximativement le cinquième pays au monde à posséder une arme laser. Celle-ci pouvait, selon lui, abattre des aéronefs à plus de deux kilomètres d’altitude. Les médias ukrainiens ayant repris cette déclaration précisaient toutefois que le terme « aéronefs » désignait ici des drones.En avril 2025, il présentait publiquement le système avec une série de chiffres plus ambitieuse. Tryzub devait pouvoir viser des drones et des missiles de croisière jusqu’à trois kilomètres, des hélicoptères et des avions jusqu’à cinq kilomètres, puis aveugler des capteurs jusqu’à dix kilomètres.Puis, en mai 2026, le fabricant a dévoilé les capacités réelles du matériel. Celebra Tech, l’entreprise ukrainienne à l’origine de Tryzub, a indiqué que la version installée sur remorque détruisait des drones FPV à une distance de 800 à 900 mètres. Elle pouvait également neutraliser des drones de reconnaissance à environ 1 500 mètres. Les travaux se poursuivaient afin d’intercepter des appareils de type Shahed à des distances proches de cinq kilomètres. L’entreprise précisait aussi que le système était entré dans sa phase finale d’essais et qu’environ 15 personnes travaillaient sur le projet.Dix semaines plus tard, Lebedenko déclarait que le laser abattait déjà des drones FPV et fonctionnait déjà contre les Shahed, sans communiquer de portée précise. Si les distances annoncées par Celebra Tech se confirment, elles donnent tout de même une image beaucoup plus mesurée des capacités de Tryzub.L’intérêt des armes à énergie dirigée apparaît évident dans une guerre qui repose désormais davantage sur des systèmes bon marché et sacrifiables que sur des équipements coûteux et sophistiqués. La principale limite reste toutefois l’atmosphère.Un laser a besoin d’un trajet optique dégagé. Le brouillard, la pluie, la neige, la fumée et la poussière des champs de bataille atténuent tous le faisceau. L’automne et l’hiver dans l’est de l’Ukraine réunissent précisément toutes ces conditions. Un système déployé selon le calendrier annoncé par Lebedenko rencontrerait donc presque immédiatement son environnement opérationnel le moins favorable. Cela pourrait expliquer pourquoi le fabricant présente des caractéristiques plus modestes que celles annoncées publiquement.Tout en poursuivant le renforcement de sa défense contre les drones, l’Ukraine développe parallèlement son approvisionnement en appareils issus de fournisseurs nationaux et étrangers. Le pays cherche ainsi à obtenir des résultats sur une ligne de front qui semble avoir ralenti, alors que le conflit entre dans sa cinquième année.








