Les États-Unis et leur allié saoudien ont dit avoir visé mercredi des groupes armés pro-iraniens en Irak, nouvelle extension de la guerre au Moyen-Orient qui implique des factions soutenues par Téhéran.Après une accalmie de plusieurs jours, l’armée américaine a annoncé avoir intercepté des missiles iraniens, puis avoir lancé, en réponse à de récentes attaques, des frappes conjointes avec l’Arabie saoudite, provoquant un nouveau bond des prix du pétrole.En Irak, au moins 20 combattants du Hachd al-Chaabi, coalition englobant des groupes armés pro-Iran, ont été tués et 32 blessés, a indiqué cette coalition, intégrée aux forces armées irakiennes.Elle a dénoncé une « escalade dangereuse » contre des « institutions de sécurité officielles » et une « agression » contre ses bases dans sept provinces, dont Bagdad, Ninive et Bassorah, constatant des dégâts.Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs de drones ayant visé des installations pétrolières dans l’est de l’Arabie saoudite, tel que Ryad l’a affirmé avant de riposter avec son allié américain.Cours du pétrole en hausse« Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak », a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), menaçant d’une nouvelle riposte en cas d’attaques.Le CENTCOM a aussi affirmé avoir « intercepté avec succès » des missiles tirés par l’Iran « dans le cadre d’une tentative d’attaque surprise », sans préciser où.En Jordanie, alliée de Washington ciblée par l’Iran depuis la reprise des hostilités en début de mois, l’armée a dit avoir intercepté cinq missiles venus d’Iran.Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont confirmé avoir « ciblé une base aérienne et le centre de commandement central des États-Unis » avec des missiles balistiques.Avant ces frappes sur l’Irak, le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’était récemment étendu à un autre front, qui était resté relativement calme depuis 2022, entre les rebelles yéménites houthis et l’Arabie saoudite.Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux rebelles, soutenus pour leur part par l’Iran.Les rebelles avaient affirmé mardi avoir visé à l’aide de missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, accusant le navire d’avoir « violé le blocus naval » qu’ils ont dit avoir imposé au royaume.L’Arabie saoudite est le premier exportateur de brut mondial et compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l’Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.Les Gardiens ont d’ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.Les cours du pétrole, qui s’étaient repliés pendant le répit de ces derniers jours, sont repartis en nette hausse. Vers 8 h 20 GMT (4 h 20, HAE), le baril de Brent, référence internationale, s’échangeait à 87,33 dollars (+ 3,85 %).