28 juillet 2026 12:03Que faire à Londres le temps d’un week-end ou d’un séjour? Notre correspondante vous dévoile ses adresses et lieux favoris.Anish KapoorLa grande exposition personnelle "Anish Kapoor" à la Hayward Gallery de Londres est, pour l’artiste indien du même nom, une forme de retour à la maison. Il y a exactement 28 ans, la galerie présentait déjà une rétrospective importante de son œuvre. Comme on en a l’habitude avec Kapoor, le maître joue avec notre conscience dans l’espace, avec le remplissage du vide et de l’abondance, avec les reflets, la couleur et nos perceptions humaines. L’exposition occupe l’ensemble de la galerie, y compris les espaces extérieurs. C’est Ralph Rugoff, le directeur de la Hayward Gallery, qui en a assuré le commissariat. Elle s’inscrit dans le programme du 75e anniversaire du Southbank Centre, le complexe sur la Tamise qui abrite également la galerie.L’exposition présente un mélange d’œuvres anciennes majeures de Kapoor – comme "Descent into Limbo", un "trou noir" dans le sol qui déstabilise le spectateur – et de nouvelles œuvres telles que "Ha Makom", une sculpture monumentale rouge en forme de paysage, inspirée par la visite de Kapoor à Uluru, en Australie.Jusqu’au 18 octobre 2026, Hayward Gallery, Southbank Centre, southbankcentre.co.ukThe Serpentine PavillionChaque année, un autre bureau d’architecture a la chance d’ériger, à Hyde Park, à côté de la Serpentine Gallery, une prise de position sous la forme d’un pavillon. La liste des créatifs sélectionnés est, c’est le moins qu’on puisse dire, impressionnante: d’Oscar Niemeyer à Sou Fujimoto, en passant par Herzog & de Meuron, Bjarke Ingels et Jean Nouvel.Cette année, cet honneur revient à Atelier Lanza, un bureau d’architecture basé à Mexico et fondé par Isabel Abascal et Alessandro Arienzo. Pour concevoir le pavillon, les architectes se sont inspirés du lieu, presque au sens littéral du terme. Leur projet reprend la forme d’une serpentine, un ruban ondulant qui semble se déployer sur la pelouse. Associée à une toiture transparente, cette structure promet une expérience architecturale singulière. Pour ma part, l’expérience m’a appris qu’un pavillon Serpentine est avant tout un lieu de calme et de contemplation. Lors d’une promenade dans Hyde Park, c’est l’endroit idéal pour faire une pause, s’installer quelques instants avec un café et profiter de l’atmosphère.V&A East MuseumLe Victoria & Albert Museum de Knightsbridge est, depuis des années, un arrêt obligatoire pour qui veut voir des expos impressionnantes dans la capitale britannique. Il y a environ un an, le V&A East Storehouse est venu s’y ajouter sur l’ancien site olympique de l’Est de Londres: un dépôt pour la riche collection du musée, en attendant le moment suprême: l’ouverture de V&A East, un tout nouveau musée à l’Est de Londres.© Peter Kelleher Victoria & Albert Museum, LondonLe 18 avril, le moment tant attendu est enfin arrivé : le bâtiment conçu par le bureau d’architecture irlandais O’Donnell + Tuomey a ouvert ses portes au grand public. Au programme, bien sûr, une collection permanente, mais aussi une exposition inaugurale intitulée The Music is Black: A British Story. Celle-ci explore 125 ans d’influence de la musique noire sur la culture populaire britannique.Mint GalleryBien avant que le « collectible design » ne devienne un concept à la mode, Lina Kanafani s’y consacrait déjà avec Mint Gallery, alors installée à South Kensington, à deux pas du célèbre Michelin Building. C’est là que, au début des années 2000, j’ai découvert des designers comme Piet Hein Eek et Maarten Baas, alors encore largement inconnus du grand public. En tout cas, ils l’étaient pour moi.Kanafani s’est forgé une réputation en offrant une plateforme à de jeunes designers et artistes prometteurs. Depuis ses débuts, elle s’intéresse également aux questions de durabilité et à la manière dont les créateurs tentent d’apporter une alternative à la logique de la consommation de masse.Les meilleurs moments pour visiter Mint Gallery, c’est pendant le London Design Festival fin septembre, ou pendant la London Craft Week mi-mai. Durant ces semaines-là, Kanafani sort littéralement le grand jeu. Il n’est certainement pas exagéré de dire que Kanafani est l’une des plus grandes connaisseuses du design à Londres, et qu’elle parvient surtout à mettre en avant ce savoir d’une manière jeune et fraîche.Battersea Power Station© Matthew ShawPendant des décennies, le célèbre bâtiment aux quatre cheminées est resté à l’abandon. Mais ces dernières années, il a retrouvé toute sa splendeur : bienvenue à Battersea Power Station. Autrefois l’une des principales sources d’énergie de Londres, ce lieu emblématique est aujourd’hui un vaste espace dédié au shopping, à la gastronomie, aux festivals et aux événements culturels. Pour les amateurs de musique, Battersea Power Station est surtout associée à la légendaire pochette de l’album Animals de Pink Floyd, sorti en 1977. Quant à moi, je la considère comme légendaire pour une tout autre raison : elle abrite (du moins jusqu’à présent) le plus beau magasin Zara du monde.À l’avant de Battersea Power Station, une large esplanade offre une belle vue sur la Tamise, ce qui permet d’y accéder facilement en bateau-bus. À l’intérieur, le caractère industriel et monumental du bâtiment d’origine a été soigneusement préservé. On y trouve aujourd’hui de nombreuses enseignes, parmi lesquelles Aesop, Alo, Chanel ou encore Mulberry. Parmi les attractions les plus prisées figure Lift 109, un ascenseur en verre qui emmène les visiteurs au sommet de l’une des célèbres cheminées. Depuis la plateforme d’observation, la vue panoramique sur Londres, la Tamise et la skyline de la capitale est tout simplement spectaculaire.The Wallace CollectionBien sûr, une visite au British Museum ou à la National Gallery vaut absolument le détour, mais je vous recommande volontiers un musée beaucoup plus petit, plus sympathique et gratuit, en plein centre-ville animé. Au coin du grand magasin de luxe Selfridges, dans Hertford House, se trouve The Wallace Collection. Le musée offre un aperçu de l’impressionnante collection d’art de Richard Seymour-Conway, quatrième marquis de Hertford, et de son fils Sir Richard Wallace. Lorsque ce dernier est décédé, sa veuve, Lady Wallace, a décidé de faire don de l’intégralité de la collection à l’État.On pénètre ici librement dans une somptueuse demeure qui abrite des chefs-d’œuvre de Rembrandt, Rubens, Titien et Velázquez. Parmi les œuvres les plus emblématiques figure La Balançoire de Jean-Honoré Fragonard, une toile aux couleurs éclatantes considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du rococo et qui attire de nombreux historiens de l’art. Outre sa remarquable collection de peintures, la Wallace Collection présente également des antiquités françaises, ainsi qu’une impressionnante sélection d’armes et d’armures. Depuis quelques années, les visiteurs peuvent prolonger leur découverte en dégustant un délicieux afternoon tea dans la cafétéria du musée. Seule différence : celui-ci est payant.Lire plusCes personnalités qui font rayonner LondresNos restaurants préférés à LondresNos bars préférés à Londres
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