Télévision Si elle ne manque ni d’ambition ni de moyens, cette saga familiale italienne reste trop classique (pour ne pas dire ringarde) pour convaincre. Bof Par Margaux Baralon Publié le 28 juillet 2026 à 06h00 Dans l’une des scènes les plus émouvantes des Sartori, une histoire italienne, Gabriele, l’un des personnages principaux, résume à sa mère tout l’enjeu de cette saga : « Nous sommes devenus une famille triste. » C’est bien cela que raconte la série créée par Giulia Calenda (scénariste notamment d’Il reste encore demain, l’un des plus gros succès du cinéma italien récent) et Daniele Luchetti : trois générations d’hommes et de femmes poursuivis par la peine et la mélancolie, que d’aucuns nomment malédiction. Il faut dire que leur arbre généalogique prend racine sur un péché originel et un mensonge. Le patriarche, Maurizio, n’était pas un héros de la Première Guerre mondiale mais un déserteur, qui a abandonné ses compagnons d’armes à une mort certaine, avant de trouver refuge chez Nina. Ensemble ils auront trois fils, qui eux-mêmes auront des enfants, et les aventures de tout ce petit monde s’étirent de 1917 aux années 1980. À son meilleur, Les Sartori esquisse sept décennies de rebondissements politiques parfois méconnus, comme la prise de contrôle allemande d’une partie de l’Italie après la chute de Mussolini en 1943. Solidement produite, la série ne manque par ailleurs pas de moyens pour ses reconstitutions. Las, la mise en scène est bien trop classique pour donner du souffle à cette fresque, par ailleurs plombée par le surjeu de certains comédiens, une musique ringarde et une voix off omniprésente. Surtout, sous couvert de raconter les évolutions sociétales du XXᵉ siècle, et notamment l’émancipation progressive de ses personnages féminins, la saga en vient à célébrer sans réserve leur résilience sacrificielle face à la lâcheté d’hommes taiseux. Un personnage LGBT sous-écrit ne suffit pas à faire illusion : ici, le couple et la vie de famille sont présentés comme le seul horizon acceptable. Plus d'infos Télévision Séries Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner