Monde Proche et Moyen-OrientMoyen-Orient. Après 13 jours, les frappes entre Washington et Téhéran ont finalement cessé au cours du week-end. Malgré ses déclarations martiales, Donald Trump a été alerté par son entourage sur les maigres réserves de munitions du Pentagone.Publié le 27/07/2026 à 13:19Le président américain Donald Trump s'adresse aux médias alors qu'il s'apprête à partir pour Dover, dans le Delaware, afin d'assister à la cérémonie d'inhumation des militaires de l'armée américaine tués en Jordanie et en Irak, dans le contexte de la guerre contre l'Iran, à la base interarmées d'Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 22 juillet 2026. REUTERS/Evelyn HocksteinREUTERSAprès près de deux semaines de bombardements américains et iraniens - malgré un accord de paix signé à la mi-juin - les affrontements sur fond de lutte pour le contrôle du détroit d'Ormuz ont finalement cessé ce week-end. En cause, du côté de Washington : la crainte d'épuiser les stocks de missiles, déjà maigres, selon les informations croisées de la presse américaine.Car si, ce mercredi 22 juillet, Donald Trump avait promis que "les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE, y compris ceux situés à proximité ou à l'intérieur de la capitale, Téhéran" à chaque fois que l'Iran frapperait "un navire dans le détroit d'Ormuz", son entourage l'a alerté sur les capacités matérielles de l'armée américaine. Selon le New York Times, l'arrêt des affrontements serait donc directement lié à une réunion de crise tenue ce vendredi, en présence des principaux conseillers du président ainsi que son administration. Au cœur des discussions : l'inventaire déclinant de missiles intercepteurs Patriot et des autres systèmes de défense antiaérienne américains dans la région. Les stocks de missiles au cœur des débatsTout au long de ce conflit, les troupes américaines ont puisé dans les réserves de ces armes très coûteuses. Le quotidien américain précise qu'au total, plus de 1 200 intercepteurs Patriot, à plus de 4 millions de dollars l'unité, ont déjà été utilisés depuis le début du conflit. En privé, le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, aurait à nouveau alerté Donald Trump : une nouvelle offensive d'ampleur contre Téhéran est techniquement possible, mais elle risquerait d’entamer encore davantage ces stocks de munitions pour faire face aux représailles iraniennes.Un pari d'autant plus dangereux que les missiles Patriot sont déjà fortement sollicités dans cette nouvelle phase du conflit. Le vendredi 17 juillet, deux soldats américains en Jordanie ont été tués par un missile balistique qui a réussi à franchir les défenses aériennes américaines, alors occupées à repousser une salve de missiles et de drones iraniens.Pourtant, interrogé par le Wall Street Journal, Donald Trump a nié toute difficulté quant au stock du Pentagone. "Nous disposons de bien plus de munitions que n'importe qui d'autre dans le monde, et bien plus que ce dont nous avons besoin", a-t-il assuré. Des voix pour l'apaisement De son côté le vice-président, J.D. Vance, partisan notoire de la doctrine isolationniste "America First", aurait lui aussi conseillé à Donald Trump d'opter pour la désescalade. Le numéro deux des Etats-Unis aurait souligné qu'une reprise intense du conflit ne pourrait qu'impacter négativement l'économie. Un scénario particulièrement risqué à l'approche des élections de mi-mandat, alors que le pouvoir d'achat se hisse parmi les principales priorités des électeurs. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, aurait aussi plaidé pour la prudence, rapporte le New York Times. L'envoyé spécial des États-Unis pour la paix aurait appelé à maintenir la pression économique et les négociations sur la durée, plutôt que de reprendre les armes. Malgré l'accalmie observée depuis ce week-end et la série d'avertissements lancés au président, aucune information officielle n'a été communiquée quant à la tenue d'éventuels pourparlers entre Washington et Téhéran. Vendredi, Donald Trump a néanmoins laissé entendre que la voie diplomatique était de nouveau envisageable et que les responsables américains étaient en contact avec l'Iran. La "stratégie plus intelligente consiste à conclure un accord. Et ils veulent conclure un accord" a déclaré le milliardaire devant un parterre de journalistes.Toutefois, fidèle à son langage belliqueux, le président n'a pas manqué de souligner qu'il n'avait pas totalement abandonné la possibilité de reprendre les affrontements. "Il y a une solution militaire qui consiste simplement à continuer sur notre lancée, voire à intensifier nos efforts, ce qui anéantirait tout ce dont ils disposent", a-t-il martelé, assurant qu'Israël était prêt à se joindre à une nouvelle offensive américaine en l'espace de quelques minutes. Le Premier ministre, israélien Benyamin Netanyahou, est d'ailleurs attendu à la Maison-Blanche mardi.Malgré ces déclarations, Washington aurait demandé vendredi un cessez-le-feu par l'intermédiaire du premier ministre irakien, rejeté par Téhéran. Le lendemain, le directeur de la communication de la Maison-Blanche est revenu à la charge, indiquant que le président américain "privilégiait une solution diplomatique, mais se réservait toutes les options si l'Iran poursuivait ses activités terroristes dans le détroit d’Ormuz ou contre ses alliés dans le Golfe. Pour l'heure, le Pentagone continue d'acheminer des renforts vers la région, et le blocus naval des ports iraniens reste en vigueur.