Réalisateurs pervers, violences familiales, homophobie… Ode à la jeunesse et aux arts vivants, ce film mythique pour toute une génération dénonçait aussi les travers de l’époque. À voir dimanche, à 21h, sur Arte. La jeune Coco, étudiante dans une prestigieuse école de comédie musicale, est confrontée à un réalisateur prédateur (Irene Cara). MGM Par Cécile Mury Publié le 26 juillet 2026 à 19h30 Fame n’est pas une comédie musicale comme les autres. À vrai dire, Fame n’est pas du tout une comédie. Certes, la très sélective High School of Performing Arts de New York, où se croisent élèves danseurs, musiciens et comédiens, est à première vue un joyeux et vibrant tourbillon de numéros mythiques. Qui n’a pas tenté de reproduire à domicile les emballantes chorégraphies « modern jazz » du film, en beuglant « I’m gonna liiive forever », sur le fameux tube d’Irene Cara ? Réalisée par Alan Parker en 1980, cette chronique de trois années d’études au sein d’une école d’élite impitoyablement exigeante reste pourtant, du début à la fin, une immersion durement réaliste dans le quotidien rempli d’illusions et de dangers de ses jeunes héros en quête de gloire. Cette fête de la musique n’a rien d’un conte de fées, elle brasse même de nombreux thèmes qui restent, aujourd’hui encore, particulièrement brûlants. Découvrir la note et la critique “Fame”, d’Alan Parker : une comédie musicale musclée mais de qualité Trente-sept ans avant la naissance du mouvement #MeToo dans l’industrie du cinéma, Alan Parker confronte ainsi la jeune Coco (Irene Cara) à un prédateur sexuel, « réalisateur » qui l’attire dans son appartement miteux pour une audition. Il lui demande de se déshabiller devant la caméra. Elle commence par renâcler. « Tu te comportes comme une écolière stupide, lui dit-il alors. Je pensais que tu étais une professionnelle. » Après ce typique échantillon de manipulation-humiliation, la scène se termine par un zoom cruel sur Coco, seins nus, en larmes. « Les artistes ne sont jamais protégés », dit l’un de ses camarades. Un autre élève, Ralph (Barry Miller), est, lui, traumatisé par le sort de sa petite sœur, d’abord victime d’un père-bourreau, puis agressée (violée ? Mystère, on devinera juste que c’est très grave) par un junkie dans la cage d’escalier de l’immeuble où vit la famille. Violences faites aux femmes, aux enfants, le récit ne cache jamais la part sombre du monde. Rares sont les œuvres qui mêlent avec autant de force une ode à la créativité de la jeunesse et une critique frontale des problèmes sociaux ou intimes que cette dernière affronte. Illettrisme, pauvreté, homophobie, tentation suicidaire, on trouve tout cela dans Fame, un film qui danse… les yeux ouverts. Fame, dimanche, à 21h, sur Arte. Cinéma Arte et Arte.tv Comédie musicale Cinéma américain #MeToo Violences sexistes et sexuelles Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Dans le film culte “Fame”, on dansait déjà avec les loups avant #MeToo
Réalisateurs pervers, violences familiales, homophobie… Ode à la jeunesse et aux arts vivants, ce film mythique pour toute une génération dénonçait aussi les travers de l’époque. À voir dimanche, à 21h, sur Arte.






