Donald Trump fera son retour vendredi soir au grand gala de la presse de Washington, réorganisé sous sécurité renforcée trois mois après une tentative d’assassinat présumée qui avait provoqué son évacuation dans le chaos.Le président américain doit tenir le discours qu’il n’avait pu prononcer le 25 avril, lorsqu’une fusillade avait éclaté entre des agents fédéraux et un homme armé qui tentait de s’introduire dans la salle.Ce dernier, Cole Allen, un Californien de 31 ans, est inculpé de quatre chefs d’accusation, dont tentative d’assassinat du président des États-Unis et agression d’un agent fédéral au moyen d’une arme mortelle. Il a plaidé non coupable.Donald Trump avait annoncé début juin avoir accepté une nouvelle invitation au dîner, qui rassemble traditionnellement chaque année le gratin de la politique et des médias de la capitale américaine en smoking et robe longue.Il l’avait accueillie comme « une très bonne nouvelle, car nous ne pouvons pas laisser des cinglés changer notre mode de vie ».

Weijia Jiang, présidente de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche (WHCA) qui organise le dîner, avait souligné de son côté que la reprogrammation avait été décidée pour ne pas laisser « un acte de violence avoir le dernier mot ».Le Secret Service n’a pris aucun risque vendredi : une large partie de la capitale américaine est bouclée et un vaste cordon de sécurité est en place pour garantir le bon déroulement de l’événement.Le lieu a changé, passant de l’hôtel Hilton de Washington au Waldorf Astoria, un ancien hôtel de la galaxie Trump. Le dîner sera aussi beaucoup plus petit et « plus intime », selon les organisateurs.La grande question est de savoir le ton que le président adoptera à l’égard des médias, contre lesquels il avait prévu un discours virulent fin avril.Ambivalent envers les médiasLa porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré jeudi aux journalistes que Donald Trump « célébrerait la liberté d’expression et le premier amendement aux côtés de vous tous, membres des médias ». « Le président a hâte de terminer ce qu’il avait commencé avant qu’une tentative d’assassinat ignoble ne fasse dérailler l’événement initial », a ajouté Mme Leavitt, qui sera également présente.M. Trump avait tressé de rares louanges à la presse dans la foulée de la fusillade d’avril et avait vu un « signe de force et de courage » dans la décision de la WHCA de reprogrammer le dîner. Mais il a laissé entendre depuis qu’il pourrait renouer vendredi soir avec ses critiques récurrentes.« Je ne sais pas si je vais reprendre les mêmes déclarations méchantes, au moins concernant certaines personnes, mais nous le découvrirons bientôt », avait-il déclaré en juin.Le dîner d’avril était le premier auquel Donald Trump prenait part de ses deux mandats de président, reflétant son mépris pour les médias qu’il a qualifiés d’« ennemis du peuple ».Outre le discours présidentiel, la soirée reprogrammée conserve le même programme que sa devancière, avec une prestation du mentaliste Oz Pearlman. S’y ajoutera toutefois un hommage à un agent du Secret Service qui a contribué à neutraliser Cole Allen et au personnel du Hilton.« Le système a fonctionné » en avrilLe patron du Secret Service, Sean Curran, a assuré mercredi que le service était prêt pour l’événement et récusé les critiques essuyées depuis l’incident d’avril.« Le dispositif a fonctionné, le système a fonctionné », a-t-il déclaré aux journalistes, faisant valoir qu’un cordon avait empêché l’assaillant présumé d’atteindre la grande salle où se tenait le dîner.Sean Curran, qui se trouvait aux côtés de Donald Trump lors d’une précédente tentative d’assassinat lors d’un rassemblement de la campagne présidentielle de 2024, a jugé en revanche « hors normes » les menaces visant désormais les plus hauts responsables américains.« Le niveau et la nature de la menace sont plus importants que tout ce que j’ai jamais vu », a-t-il ajouté.