Au moins onze personnes ont été tuées vendredi et des dizaines blessées dans des frappes en Russie et en Ukraine, des entrepôts du géant russe de l’e-commerce Wildberries ayant notamment été ciblés pour la troisième fois en moins d’une semaine, cette fois à Saint-Pétersbourg et en Crimée.L’attaque ukrainienne menée dans la deuxième ville de Russie a provoqué un important incendie et une journaliste de l’AFP a vu un panache de fumée grise s’élever au-dessus d’immeubles dans l’ancienne capitale impériale, distante de plus de 800 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine.Une autre frappe ukrainienne a visé une entreprise dans la région de Kirov, dans le centre du pays, tuant six personnes et faisant 26 blessés, a rapporté le gouverneur Alexandre Sokolov sur Telegram.En Ukraine, cinq personnes ont été tuées et neuf blessées par deux bombes guidées russes larguées sur Sloviansk, l’une des dernières villes de la région de Donetsk sous contrôle ukrainien, a indiqué le gouverneur régional Vadym Filachkine, appelant les habitants à évacuer.Des explosions ont aussi secoué la capitale ukrainienne, Kiev, en fin de matinée, ont constaté des journalistes de l’AFP, après que les autorités ont émis une alerte aux missiles russes, rare en plein jour.L’Ukraine et la Russie font monter en puissance leurs frappes à longue portée depuis plusieurs semaines, provoquant un nombre croissant de victimes civiles, plus de quatre ans après le début de la guerre.« Affreux »Visé pour la troisième fois depuis le week-end dernier, le groupe russe Wildberries a fait état d’une attaque ukrainienne contre ses centres logistiques à Saint-Pétersbourg et dans la région de Leningrad qui l’entoure, ainsi qu’à Simféropol, en Crimée annexée.« Nous avons réussi à préserver une partie des surfaces et des marchandises », a assuré la p.-d.g. de l’entreprise, Tatiana Kim.Cette attaque a fait trois blessés, selon les autorités.Au total, la Russie a abattu dans la nuit 571 drones ukrainiens au-dessus d’une quinzaine de ses régions et de la péninsule de Crimée annexée, selon le ministère russe de la Défense.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré sur X que les entrepôts touchés approvisionnaient l’armée russe « avec des composants de drones, des équipements de navigation et des matériels militaires ».Il a aussi affirmé que l’entreprise visée à Kirov était « l’une des entreprises militaires clés » du dispositif russe.Le Kremlin avait précédemment démenti tout lien entre l’armée russe et Wildberries, une populaire plateforme de commerce en ligne qui traite des millions de transactions par jour, souvent qualifiée d’« Amazon russe ».« C’est affreux ! Ce qui se passe me fait peur », a confié à l’AFP Svetlana, caissière à Saint-Pétersbourg. « J’aimerais que la paix s’instaure, mais vous voyez ce qu’ils font », ajoute cette femme de 30 ans en faisant référence aux Ukrainiens.Pour Anna, professeure de 50 ans, « ces frappes visant des sites civils ne font qu’irriter davantage les gens », au point, selon elle, que même ceux opposés à la guerre commencent à souhaiter qu’elle se poursuive.