De violents incendies de forêt, attisés par le vent et des températures élevées, font rage dans plusieurs régions d’Europe du Sud, notamment en Italie, en Espagne et en France, où des milliers de personnes ont été évacuées d’une région touristique jeudi.Trois pompiers sont morts ces derniers jours, deux en France et un en Italie, suscitant une forte émotion.À un mois et demi de la fin de l’été météorologique, l’année est à ce stade au deuxième rang en surfaces brûlées dans l’Union européenne depuis 20 ans de mesures, selon les données satellitaires européennes du système Effis analysées par l’AFP.Mais c’est la pire en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie.Les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par les canicules exceptionnelles qui ont traversé le continent en juin et en juillet.C’est bien le changement climatique, causé principalement par la combustion continue du pétrole, du charbon et du gaz, qui rend la sécheresse actuelle plus sévère, ont conclu des climatologues du groupe World Weather Attribution dans une étude publiée jeudi.Dans le sud de la France, les pompiers luttent contre deux incendies d’ampleur. L’un, dans le sud-ouest, avait parcouru jeudi 2400 hectares, selon une dernière estimation, au nord du bassin d’Arcachon, en Gironde, une région très touristique non loin de Bordeaux.Aucune victime ni maison brûlée n’ont été enregistrées pour l’instant, mais la situation reste « défavorable » aux pompiers. Des travaux de débroussaillage sur une piste forestière seraient à l’origine du feu, selon plusieurs sources interrogées par l’AFP.D’après la préfecture de Gironde, au moins 7000 personnes ont été évacuées de manière préventive jeudi, portant à 12 000 le nombre de touristes et d’habitants ayant dû quitter six campings et un domaine résidentiel naturiste situés au nord du cap Ferret.L’autre incendie, parti mardi à la mi-journée d’un champ, sévit dans le département du Var (sud-est), a parcouru près de 2500 hectares et « reste stable », selon le préfet Simon Fabre, qui a autorisé jeudi matin les 400 personnes évacuées à regagner leur domicile.« La journée est à risque puisqu’on attend des températures élevées dans les terres, jusqu’à 45 °C, et surtout un mistral qui va se lever en début d’après-midi avec des rafales à 60 km/h », a prévenu le lieutenant Franck Graciano, du Service départemental d’incendie et de secours du Var.Sur la question récurrente des moyens disponibles, la porte-parole du gouvernement français a annoncé jeudi que l’avion de transport militaire Airbus A400M, « équivalent de trois Canadair », allait être « mobilisé […] d’ici à fin juillet », après son adaptation en bombardier d’eau ou de produit retardant.Selon le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, plus de 12 500 départs de feu sont intervenus depuis le début de l’année et 44 000 hectares ont déjà brûlé, davantage qu’en 2022.Il s’exprimait depuis une caserne de Bordeaux, après avoir rencontré les familles de deux pompiers morts mardi en intervention près de l’aéroport de la ville.Plus de 40 °C en ItalieUn pompier a également péri mercredi en combattant les flammes dans le sud de l’Italie, où des dizaines de feux de forêt et de végétation font rage en Sicile, attisés par le vent chaud, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi.Une centaine d’habitants ainsi que 22 patients d’une clinique du centre de l’île, où les températures ont dépassé ces derniers jours les 40 °C, ont été évacués mercredi, selon les pompiers.« 6000 hommes sont déployés et 20 moyens aériens sont en opération », a déclaré mercredi soir le président de la région, Renato Schifani, précisant que près de 50 incendies — sur 344 signalés mercredi — sont toujours en cours.Plus de 160 incendies ont également été recensés ces dernières 24 heures en Calabre, la région voisine.