Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Quand gouvernent sages et philosophes L’épisode 3 sera disponible prochainement. Quand gouvernent sages et philosophes L’épisode 3 sera disponible prochainement. « Quand gouvernent sages et philosophes » (2/5). Pour l’antique sage chinois, promoteur du dao – « la voie » –, le non-agir se confond avec le pouvoir suprême et débouche sur un autoritarisme illimité. Article réservé aux abonnés « D’UN BATTEMENT DE CILS, LE SAGE GOUVERNE L’EMPIRE. » Cette curieuse formule schématise la vision politique taoïste : des actions infimes entraînent des conséquences colossales. C’est pourquoi le moindre geste du sage – homme en apparence faible, méconnu, sans puissance – peut engendrer des effets politiques immenses et durables. La maxime figure dans « le Laozi », texte rédigé en Chine au VIe siècle avant notre ère. Ce classique de 81 chapitres eut-il un seul auteur ? Se nommait-il Laozi ? Le personnage est-il réel ou imaginaire ? A-t-il vécu entre 604 et 517 ? Fut-il fonctionnaire, archiviste, avant de s’enfuir ? S’est-il opposé à Confucius et à sa politique morale, comme le veut la légende ? Nul ne sait vraiment. Seule certitude : l’ouvrage, aussi dénommé Livre de la voie et de la vertu – Tao Te King (aujourd’hui Dao de Jing) –, constitue depuis plus de deux millénaires un axe majeur de la pensée chinoise. L’ensemble repose sur une série de paradoxes qui s’enchaînent. Le dao (« la voie », « le chemin » dans le vocabulaire quotidien) désigne ici la totalité de la nature, dans ses détails minuscules comme dans sa puissance cosmique infinie. Ce grand tout est perpétuellement changeant et mobile, alors que nos vocables et nos notions sont fixes. Ainsi ce réel sans limites se révèle-t-il impossible à dire aussi bien qu’à concevoir. Radicalement indifférent à nos projets, nos pouvoirs, nos ambitions. Espérer le manipuler, rêver de le plier à nos volontés, voilà qui est parfaitement vain. Il vous reste 61.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.