Monde Asie - PacifiqueTensions en Mer de ChineAsie. Les Philippines ont convoqué mardi l'ambassadeur de la Chine à Manille, et vice versa, à la suite d'un incident survenu la veille entre des garde-côtes chinois et philippins dans le Pacifique.Par Aïssata Sow avec ReutersPublié le 22/07/2026 à 13:12Tensions en mer de Chine méridionale lors d'un incident survenu lundi 20 juillet entre des garde-côtes chinois et philippins, près du récif Second Thomas. cnsphoto via REUTERS via REUTERSLe président philippin Ferdinand Marcos Jr. a convoqué mardi 21 juillet l'ambassadeur de Chine à Manille, Jing Quan. Plus tôt dans la journée, le ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré avoir convoqué l'ambassadeur de Manille en Chine. Le tout à la suite d'accusations mutuelles de provocations en mer de Chine méridionale.Ces convocations interviennent en effet au lendemain d'un incident entre les deux pays d'Asie de l'Est survenu dans l'archipel des Spratleys. D'après les autorités philippines, un membre de leur marine aurait été frappé à la tête alors que deux canots philippins tentaient d'éloigner une embarcation chinoise qui tournait autour d'une épave servant d'avant-poste à l'armée philippine, le BRP Sierra Madre. Un canot pneumatique de la marine philippine aurait été endommagé, selon Manille, qui a partagé une vidéo de l'incident.Deux récits contradictoiresLe récit des faits fourni par Pékin est tout autre : la Garde côtière chinoise (CCG) a déclaré lundi que deux canots philippins avaient percuté un patrouilleur chinois en mer de Chine méridionale et que le personnel avait lancé des "attaques malveillantes" contre les agents des forces de l'ordre chinois à l'aide de rames et de longs bâtons.Dans un communiqué publié mardi, la CCG a également indiqué que la Chine avait autorisé la partie philippine à évacuer les blessés à bord de petites navettes, "par considération humanitaire". "Les garde-côtes chinois ont interrogé et contrôlé les bateaux philippins", a déclaré Jiang Lue, porte-parole de la CCG, ajoutant que la Chine continuerait à mener des "opérations de protection des droits et de maintien de l'ordre" dans les eaux proches du récif Second Thomas.Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, "c'est la partie philippine qui a provoqué l'incident en premier". Insistant sur le fait que Manille aurait "renversé la situation en déformant les faits", les autorités chinoises qualifient les actions menées par les Philippines de "scandaleuses par nature". De son côté, l'armée philippine a dénoncé mardi les affirmations de la Chine, les qualifiant de "fausses et trompeuses" et assurant que son personnel n'avait provoqué aucune confrontation.Des tensions fréquentes mais des convocations raresDe telles convocations diplomatiques sont relativement rares malgré les tensions fréquentes entre la Chine et les Philippines en mer de Chine méridionale. L'annonce de mardi marque ainsi la troisième convocation de l'ambassadeur des Philippines par Pékin, sous l'administration du président Ferdinand Marcos Jr., après de précédentes convocations en janvier et novembre 2024. La première faisait suite à l'élection du dirigeant élu de Taïwan Lai Ching-Te, que le président philippin avait félicité pour sa victoire. La seconde était liée à l'adoption par Manille de la "Loi sur les zones maritimes" et de la "Loi sur les voies maritimes archipélagiques". La dernière convocation de l'ambassadeur chinois par Ferdinand Marcos Jr. remontait quant à elle à 2023, lorsqu'un navire des garde-côtes chinois avait dirigé un laser de qualité militaire contre un navire des garde-côtes philippins, selon des informations rendues publiques.Au nom de raisons historiques, Pékin revendique depuis des années la souveraineté sur la quasi-totalité des îlots de la mer de Chine méridionale, un carrefour stratégique pour le commerce mondial. Des prétentions qui se heurtent régulièrement à celles des autres pays de la région, dont les Philippines. Les autorités chinoises ont exigé à plusieurs reprises par le passé le retrait du BRP Sierra Madre, alors que le récif Second Thomas se situe dans la zone économique exclusive des Philippines, à environ 1 000 kilomètres de la Chine, selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), que Pékin a ratifiée.Les Etats-Unis dénoncent les "actions dangereuses et agressives" de la ChineLe nouvel incident entre les deux pays a eu lieu quelques jours avant le début du sommet de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Manille. Ce mercredi 22 juillet, la ministre des Affaires étrangères philippines a déclaré avoir profité d'une rencontre avec son homologue chinois, dans le cadre de cet événement, pour protester fermement face aux actions de Pékin. Sur X, Maria Theresa Lazaro a indiqué avoir discuté avec Wang Yi "de l'importance de maintenir les lignes de communication ouvertes, de gérer les tensions et de rechercher des solutions pratiques pour l'avenir".L'altercation a été commentée par l'Australie, qui participe elle aussi au sommet. "Nous sommes préoccupés par certaines formes d'agression que nous constatons, et par certains comportements déstabilisateurs que nous observons", a déclaré ce mercredi la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong. "Les pays de la région ont un choix à faire quant à la manière dont nous allons tous réagir face à cela", a-t-elle ajouté. Les Etats-Unis, alliés de Manille, avaient quant à eux pris position dès lundi, dénonçant des "actions dangereuses et agressives" menées par la Chine.
Mer de Chine : cet incident qui ravive les tensions entre Pékin et Manille
Les Philippines ont convoqué mardi l'ambassadeur de la Chine à Manille, et vice versa, à la suite d'un incident survenu la veille entre des garde-côtes chinois et philippins dans le Pacifique.












