C’est l’histoire d’un sexagénaire américain qui, depuis sept ans, ne supporte plus l’été, mais pas comme ceux qui craignent les fortes chaleurs ou les méduses. Non, lui, ce sont les moustiques qu’il redoute le plus. Chaque été, la même scène se répète. Dans les vingt-quatre à quarante-huit heures qui suivent chaque piqûre d’arthropode, la peau gonfle, devient rouge et douloureuse. Un prurit s’installe : les démangeaisons deviennent alors intenses. De grandes cloques remplies de liquide se forment. Certaines éclatent et laissent des cicatrices brunâtres sur les jambes. Les lésions bulleuses sont si grandes qu’elles nécessitent un traitement corticoïde.
Le cas de ce patient, publié en juin 2025 dans les Mayo Clinic Proceedings, a été rapporté par trois cliniciens de la clinique éponyme de Rochester (Minnesota) : un médecin interniste, une dermatologue et un allergologue. Il illustre combien des piqûres de moustique peuvent provoquer chez certaines personnes des réactions cutanées sévères, hors de proportion avec l’agression initiale.
Syndrome de Skeeter : une réaction allergique locale exagérée
Piqûre de moustique DR. WILLIAM COLLINS, USCDCP PIXNIO
Il faut d’abord rappeler ce qui se produit lors d’une piqûre de moustique. Lorsqu’il enfonce son rostre dans la peau, il injecte de la salive pour faciliter la succion du sang. Celle-ci contient des dizaines de protéines étrangères à l’organisme. Le système immunitaire les repère, les identifie comme indésirables et déclenche une réaction inflammatoire locale : cette petite papule rouge qui démange. Chez la plupart des gens, tout rentre dans l’ordre en quelques heures.









