L'expression du jour : "Faire long feu"

On croit souvent que faire long feu veut dire durer longtemps. C’est faux. En français, cette expression signifie au contraire échouer, ne pas aboutir, ne pas fonctionner malgré les efforts engagés. On peut dire, par exemple, qu'"une candidature à l’élection présidentielle a fait long feu" ou que "la tentative de paix entre deux pays dans cette guerre a fait long feu". Dans les deux cas, l’idée est la même : quelque chose a été lancé, a demandé un effort, mais n’a pas produit le résultat espéré.

La confusion vient évidemment du mot long. Instinctivement, il renvoie à la durée. Pourtant, le sens réel de l’expression est tout autre. C’est précisément ce décalage qui en fait une formule souvent employée à contresens.

Une expression née avec les premières armes à feuL’origine de faire long feu remonte à l’époque des premières armes à feu, celle des canons, des mousquets et des arquebuses. Ces armes anciennes n’étaient pas à percussion. Avant chaque tir, il fallait les charger avec de la poudre, puis enflammer cette poudre pour provoquer l’explosion qui projetait la balle.

Le problème, c’est que la poudre pouvait être humide. Et dans ce cas, elle brûlait mal : elle se consumait difficilement, lentement, sans produire l’explosion attendue. Autrement dit, la combustion durait plus longtemps que prévu, mais elle se soldait par un échec. C’est de là qu’est née l’expression faire long feu : une action semble engagée, mais elle rate son but.