François Ruffin, populaire mais solitiaire

Va-t-il réussir à se détacher de tous les autres candidats à la présidentielle à gauche ? Électron libre de la gauche, l'ex-insoumis François Ruffin est déjà dans les starting-blocks.

"S'il n'y a pas de primaire, moi j'y vais", anticipait François Ruffin mi-mai. Tant pis pour l'union, le député-reporter a repris son pull rouge, son carnet et sa voix saccadée par la colère des combats qu'il endosse sur la route de l'Élysée. La présidentielle est un objectif qu'il assume depuis fin janvier. "Je suis candidat pour les 8 millions de personnes qui ont tenu le pays debout pendant la crise Covid, livreurs, camionneurs, caissières, infirmières... À qui on avait promis reconnaissance et rémunération. Je suis un député qui se paye au SMIC. Comme président de la République, ça sera pareil, ça sera le SMIC", lançait-il.

Ce populisme est revendiqué pour mieux coller à ceux dont il se veut le porte-parole : les travailleurs, les bas salaires, les oubliés, les fâchés, les plus fragiles. Des destins que François Ruffin racontait d'abord comme journaliste avant de se présenter à Amiens, la ville où il a grandi, dans la même école jésuite qu'Emmanuel Macron.

La rupture avec Jean-Luc MélenchonAutour de Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin est élu parmi les premiers députés insoumis en 2017. Maillot de foot et coup de gueule dans l'hémicycle, le député de la Somme se fait remarquer et sa popularité grandit. Au point qu'un mandat plus tard, on commence même à l'imaginer succéder à Jean-Luc Mélenchon. Mais le tribun ne tolère pas qu'on lui fasse de l'ombre.