Musique Des documents confirment que Suno, par ailleurs poursuivi pour violation de droits d’auteur, entraîne son intelligence artificielle avec des millions de chansons “aspirées” sur des plateformes de streaming. Photo Samuel Boivin/NurPhoto/AFP Par Rachel Rousseau Publié le 16 juillet 2026 à 18h18 On dit que l’on récolte ce que l’on sème. Suno, plateforme de génération de musique par IA, vient d’en faire les frais. En novembre 2025, un pirate s’est retrouvé en possession de données confirmant que la société entraîne son modèle avec des millions de contenus récupérés illégalement sur des plateformes en ligne. Ces documents, rapporte 404 Media, sont d’autant plus intéressants que l’entreprise se trouve actuellement au cœur de procédures judiciaires. En 2024, les trois grandes majors de la musique — Universal, Sony et Warner — ont engagé une action contre la plateforme pour violations de droits d’auteur. Seul Warner a finalement conclu un accord avec la société, qui permet à l’ensemble de ses artistes d’accepter, ou non, l’utilisation de leurs œuvres contre rémunération. Pilleur pillé En infiltrant le logiciel, le pirate a notamment pu récupérer les codes sources de Suno datant de 2023 et 2024. Ces données révèlent des instructions visant à extraire des chansons et des paroles de YouTube Music, Deezer, Genius et de diverses bibliothèques musicales telles que Pond5. L’entreprise aurait ainsi récupéré 113 879 heures de musique provenant de YouTube Music, 12 287 heures de Deezer et 17 615 heures de Genius. Suno, rappelle 404 Media, avait publiquement admis cette pratique dans le cadre des procédures judiciaires et avait défendu la possibilité d’un « usage loyal » (fair use, en anglais) de ces contenus. Mais cette découverte démontre l’ampleur du pillage. À lire aussi : Proposition de loi sur l’IA et le droit d’auteur repoussée sine die : l’industrie musicale atterrée La plateforme affirme encourager ses utilisateurs à produire des contenus originaux et empêcher la production de chansons similaires à des œuvres existantes. Les artistes, conscients que l’intégration de l’intelligence artificielle est inévitable dans les pratiques de création musicale, veulent aujourd’hui faire entendre leurs intérêts. Ils cherchent à faire reconnaître leur consentement et leurs droits d’auteur. En France, l’industrie musicale milite pour l’adoption de la proposition de loi Darcos, visant à renforcer ces droits. Elle n’a pour l’instant pas été mise à l’agenda parlementaire, provoquant de nombreuses inquiétudes. Face à l’afflux de titres générés par IA, plusieurs grandes organisations professionnelles du secteur ont présenté, vendredi 10 juillet, un label pour identifier les contenus créés avec l’intelligence artificielle générative qu’elles souhaitent voir adopter par les plateformes de streaming. À lire aussi : Bientôt un label sur vos applications de streaming pour distinguer les contenus créés par IA ? Musique Musique en streaming Intelligence artificielle Droit d'auteur Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
YouTube Music, Deezer et Genius lourdement braqués par Suno, un générateur de musique par IA
Des documents confirment que Suno, par ailleurs poursuivi pour violation de droits d’auteur, entraîne son intelligence artificielle avec des millions de chansons “aspirées” sur des plateformes de streaming.












