Monde EuropeGuerre en UkraineEurope. Affichant une attitude ambivalente vis-à-vis de la Russie, le nouveau gouvernement de Sofia se retire de l'alliance chargée de coordonner le soutien à Kiev.Publié le 15/07/2026 à 11:45Rumen Radev, ancien président bulgare, de retour au pouvoir en tant que Premier ministre depuis avril, entretient un positionnement ambivalent à l’égard de la Russie. REUTERSLa Coalition des volontaires perd l'un de ses 37 membres. Mardi 14 juillet, le nouveau Premier ministre bulgare Rumen Radev a annoncé que son pays se retirait de cette alliance, créée pour soutenir l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie, et principalement composée de pays européens. S'adressant aux journalistes depuis Paris, Rumen Radev a déclaré qu'Emmanuel Macron l'avait personnellement invité à continuer à participer à l'alliance, mais a insisté sur le fait que ce n'était pas "la place de la Bulgarie". Le tout, alors que les gardes bulgares défilaient aux côtés des forces armées européennes à l’occasion de la parade militaire du 14 juillet organisée comme une démonstration de force par le président français.Ce revirement est peu étonnant : Rumen Radev, ancien président bulgare, de retour au pouvoir comme Premier ministre depuis avril après sa victoire aux élections législatives anticipées, affiche un positionnement ambivalent à l'égard de la Russie, plaidant le dialogue avec Vladimir Poutine plutôt que le soutien militaire à l'Ukraine. C'est son prédécesseur, le Premier ministre Rossen Jeliazkov, issu du parti pro-européen GERB, qui avait décidé de rejoindre la coalition des volontaires au moment de sa création en 2025.Le 9 juin, après l'élection de Rumen Radev, le nouveau ministre de la Défense Dimitar Stoyanov avait déjà annoncé que la Bulgarie cesserait de fournir des armes à l'Ukraine, avant de préciser le lendemain que les ventes commerciales d'armes se poursuivraient. Depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, la Bulgarie était devenue l'un des principaux fournisseurs d'armes et de munitions utilisées par les forces ukrainiennes.La Bulgarie veut un dialogue "pragmatique" avec la RussieDepuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre a affirmé à plusieurs reprises que la guerre ne pouvait pas être gagnée sur le champ de bataille. Il avait auparavant décrit la cause ukrainienne comme "condamnée". "Nous ne faisons pas partie d'une coalition qui insiste pour poursuivre l'aide financière et militaire à l’Ukraine", a insisté cette fois Rumen Radev à Paris. "Je crois que la solution à ce conflit ne réside pas dans sa prolongation par des moyens militaires, mais dans une mission diplomatique forte."Le Premier ministre bulgare a conclu en insistant sur le fait que la Bulgarie restait pleinement engagée dans les processus de décision de l'Otan et de l'Union européenne. Avant de défendre la volonté de son pays d'imposer son veto au dernier train de sanctions voulu par l'UE contre la Russie, afin de contester notamment l'inclusion de certaines personnes sur la liste des sanctionnés, dont le patriarche orthodoxe russe Kirill, jugé proche du pouvoir russe. "Il n'y a rien de mal à ce qu'un pays défende son intérêt national dans un cadre collectif", a-t-il justifié.Rumen Radev lui-même a rejeté à plusieurs reprises les accusations selon lesquelles il adopterait la position de la Russie dans ce conflit. Il a néanmoins affirmé être favorable à des relations "pragmatiques" avec le Kremlin.