Après les dérives constatées sur CNews, qui reléguait la gauche au milieu de la nuit, l’Arcom remet un peu d’ordre dans le décompte du temps de parole des personnalités politiques, avant une année électorale cruciale. CNEWS Photo Yann Rabanier/Modds pour Télérama Par Romain Colas Publié le 09 juillet 2026 à 18h23 Fini la triche. À partir du 1er octobre, les chaînes de télévision ne pourront plus utiliser la nuit pour rééquilibrer les temps de parole des politiques. Une astuce qui permettait à plusieurs éditeurs, notamment les chaînes d’info, d’assurer le pluralisme des différents courants sur leur antenne. À la toute fin de son communiqué sur le bilan de la campagne des municipales publié ce jeudi 9 juillet, l’Arcom annonce avoir décidé « de ne plus tenir compte des prises de parole des personnalités politiques diffusées la nuit ». Contacté, le régulateur nous précise que la tranche horaire concernée se situe entre minuit et 5h59. « L’objectif est d’adapter les règles pour les rendre plus lisibles et proches de l’écoute effective des médias audiovisuels. » Autrement dit : diffuser un entretien ou un discours d’une personnalité politique en pleine nuit à l’heure ou — presque — personne n’écoute ou ne regarde, ce n’est pas assurer l’équilibre du temps de parole. Un bouleversement qui devrait donner du fil à retordre aux médias puisqu’ils n’auront donc plus que dix-huit heures par jour pour se conformer à la loi. Consciente de cet important changement, l’Arcom indique qu’elle travaillera avec les éditeurs pour « que leur capacité à accueillir les personnalités politiques et à faire vivre le débat politique ne soit pas affectée ». Rappelons que même en dehors des périodes électorales, les médias doivent assurer un temps d’accès équitable à chaque formation politique, selon leur nombre d’élus, leurs résultats électoraux ou encore leur poids dans les sondages. Principales victimes du nouveau système : les chaînes d’information en continu, et notamment CNews. La filiale du groupe Canal+ a été la spécialiste de ces diffusions de nuit, comme l’avait noté en novembre dernier Reporters sans frontières (RSF). Dans son étude, l’association précisait que si CNews était dans les clous pour le respect du temps de parole des différentes formations politiques, « les rattrapages nocturnes ont contribué à 39 % du temps total attribué à la gauche ». Un déséquilibre qui n’a en revanche pas été constaté sur BFMTV et LCI. Franceinfo TV n’est pas concernée, puisqu’elle diffuse (pour l’instant) France 24 la nuit. « En catimini, l’Arcom met un terme à une politique qui avait été largement dévoyée par les éditeurs, au premier rang desquels CNews », réagit auprès de Télérama, Thibaut Bruttin, le directeur général de RSF, qui « salue » la décision du régulateur. Pour lui, « cette nouvelle règle du contrôle du pluralisme devrait rendre plus difficile le contournement observé ». C’est sans compter sur la riche imagination des éditeurs. Télévision CNews Médias Arcom Reporters sans frontières Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
Les chaînes ne pourront plus utiliser la nuit pour équilibrer les temps de parole des partis politiques
Après les dérives constatées sur CNews, qui reléguait la gauche au milieu de la nuit, l’Arcom remet un peu d’ordre dans le décompte du temps de parole des personnalités politiques, avant une année électorale cruciale.







