« J’ai toujours imaginé Lucky comme une chatte qu’on plonge sans arrêt dans l’eau chaude. Elle réussit tout juste à garder la tête hors de l’eau. » C’est ainsi qu’Anya Taylor-Joy décrit la protagoniste qu’elle incarne dans la série adaptée du roman à succès de Marissa Stapley. Lucky a l’arnaque dans le sang, puisque son père est un criminel notoire, mais son dernier vol de plusieurs millions de dollars tourne au désastre… Traquée à la fois par le FBI et par un gangster impitoyable, elle doit fuir pour survivre. Derrière l’intrigue de la cavale, la série, coécrite par Jonathan Tropper et Cassie Pappas, raconte en effet une tout autre chose. Lucky ne fuit pas seulement ses crimes ; elle fuit sa propre famille.« On voulait que ce soit fondamentalement une histoire entre un père et sa fille, une relation dysfonctionnelle », ajoute Cassie Pappas. La série interroge : qu’hérite-t-on de ses parents ? Quel bagage traîne-t-on avec soi ? Ce qui rend Lucky singulière, c’est que ce bagage est par essence hors la loi. « Elle mène une vie qu’elle n’a jamais choisie », relève la coscénariste.Un miroir tenduDans le même esprit, Jonathan Tropper évoque la trajectoire de la rivale et belle-mère de Lucky, interprétée par Annette Bening. Selon lui, Priscilla Masterson est moins une antagoniste qu’une véritable mise en garde pour Lucky. Priscilla n’aura, elle, jamais réussi à s’échapper. De fait, chacune apparaît comme le reflet de l’autre. « Je pense que Priscilla aurait aimé, plus jeune, avoir eu un moment pour sortir de cette vie, mais elle ne l’a pas fait », confie Jonathan Tropper.