Lors d’un rassemblement pour la liberté de la presse, en soutien à Ariane Lavrilleux, à Paris, le 17 janvier 2025. ANNA KURTH/AFP

La cour d’appel de Paris a ordonné la relance des investigations sur les sources du média Disclose, infirmant l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel d’un militaire pour compromission et de non-lieu pour la journaliste Ariane Lavrilleux, a appris l’Agence France-Presse (AFP), mercredi 8 juillet. Au lendemain de cette décision, Disclose et Reporters sans frontières (RSF) ont appelé à « se mobiliser » contre une « traque des sources ».

Cette « traque vise à faire peur à tous les lanceurs d’alerte, qui prennent des risques au quotidien pour faire émerger des informations cruciales sur des mensonges de l’Etat, des crimes et des injustices », a dénoncé Ariane Lavrilleux, lors d’une conférence de presse. « Mon affaire pourrait se démultiplier, il pourrait y avoir de nombreux autres journalistes et lanceurs d’alerte inquiétés », a-t-elle prévenu. « Il faut qu’on ait une expression de la solidarité de la profession et des citoyens », a par ailleurs dit Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.

Outre Ariane Lavrilleux, dans le cadre de la poursuite des investigations, « tous les signataires de l’article vont être auditionnés », anticipe Mathias Destal, cosignataire et cofondateur de Disclose. Il dénonce une volonté d’« intimider les journalistes », mais aussi de « priver les citoyens d’informations cruciales » et de « protéger les intérêts des industries d’armement ».