Il y a quelques jours, le vice-président américain, J. D. Vance, a déclaré que si le Watergate, le plus grand scandale politique américain du XXe siècle, avait éclaté aujourd’hui, l’affaire aurait fait « la une des journaux pendant 12 heures » à peine avant de disparaître.Depuis la bibliothèque présidentielle Richard-Nixon à Yorba Linda, en Californie, où il était venu faire l’éloge de son catholicisme réactionnaire, le numéro 2 du pouvoir américain a également jugé « absurde » l’idée qu’un tel scandale, s’il était conjugué au présent, puisse désormais faire « tomber une présidence ».Plus de 50 ans après cette grande tragédie politique qui a débuté en juin 1972 par une entrée par effraction au siège du Comité national démocrate à Washington pour se solder en août 1974 par la démission spectaculaire du président Richard Nixon pour éviter l’odieux d’une destitution, le Watergate est désormais régulièrement minimisé par le gouvernement de Donald Trump.Et ce, non sans intérêt, estiment l’avocat David Wippman, président émérite du Hamilton College, et Glenn Altschuler, professeur en études américaines à l’Université Cornell, qui commentent conjointement l’actualité dans les pages du quotidien politique américain The Hill.« Le Watergate a abouti à des dizaines de condamnations pour des crimes tels que cambriolage, corruption, détournement de fonds de campagne, destruction de preuves et obstruction à une enquête du FBI », expliquent-ils en entrevue au Devoir. « Le déni de cette réalité par le vice-président témoigne de la volonté du gouvernement de minimiser l’importance de ses propres manquements à l’éthique. »La tentative de rabaissement du Watergate par le nouveau pouvoir en place à Washington, en chapitre historique insignifiant, n’est d’ailleurs pas que symbolique. Elle s’accompagne aussi d’attaques systématiques contre les nombreux garde-fous qui ont été mis en place par les gouvernements qui ont suivi et par le Congrès américain pour éviter qu’un tel scandale ne se reproduise. Ces garde-fous visaient à assurer la probité des titulaires de charge publique aux États-Unis, à renforcer la gouvernance démocratique jusqu’au plus haut sommet de l’État et à garantir aux Américains un appareil gouvernemental versé dans la défense de l’intérêt public plutôt que personnel et privé.
Le scandale du Watergate minimisé par le gouvernement de Donald Trump
Le républicain s’est lancé dans un démantèlement systématique des garde-fous éthiques mis en place depuis 50 ans.







