Doctolib accélère de nouveau sur l’intelligence artificielle. Ce mercredi 8 juillet, la société de prise de rendez-vous médicaux a initié l’envoi d’un e-mail à ses utilisateurs, les informant de la création d’un « laboratoire de recherche en santé ». Pour mener a bien ce projet scientifique, Doctolib a besoin de vos données personnelles de santé.« Nous collaborerons avec une équipe de recherche associée à trois institutions scientifiques françaises de premier plan sur le projet de recherche Améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle », écrit la société française dans son message. L’un des liens renvoie sur le site de Doctolib, vers une page intitulée « Laboratoire de recherche en IA clinique ».DoctolibCe projet, annoncé en février dernier pour un démarrage en août 2026, vise à « développer des outils d’aide à la décision pour les médecins et un assistant de santé pour les patients ». Ce qui passe par l’entraînement de programmes « sur des connaissances validées et locales, pas sur tout le web », précisait alors au Figaro le président de Doctolib, Stanislas Niox-Chateau.Opposition possibleEn somme, bien plus qu’un simple « laboratoire de recherche en santé », il s’agit d’une structure visant à développer l’IA dans le secteur de la santé. Pour cela, la plate-forme s’est associée à plusieurs institutions universitaires, principalement l’Inria, l’Inserm et Université Paris Cité. Sur le site de Doctolib, des chercheurs et responsables d’innovations valorisent ce projet, qui « demande un effort collectif ».À voir aussiPour ces travaux, le laboratoire « s’appuiera sur vos données démographiques de santé (…) ainsi que celles de vos proches rattachés à votre compte Doctolib », précise Doctolib. Peu importe donc si ces données ont été renseignées par vous-même ou l’un de vos soignants, Doctolib pourra les utiliser pour ses recherches.Pour cela, la société française ne demande pas le consentement des utilisateurs : elle les informe, via cet e-mail (reçu, pour notre part, vers une heure du matin), et ils peuvent s’y opposer en remplissant un formulaire dédié. Une telle décision n’aura « aucune conséquence sur votre accès aux services Doctolib ni sur votre parcours de soins », certifie Doctolib.Les données pseudonymiséesCette pratique est permise par la Cnil, dans sa méthodologie de référence MR004, qui encadre les recherches « d’intérêt public » (ce qui se traduit par « améliorer les soins pour tous » chez Doctolib) et impose quel seules les données strictement nécessaires soient traitées.Doctolib assure que les données, seulement accessibles aux équipes de recherche, ne permettent pas « d’identifier directement l’utilisateur ». Elles sont donc « pseudonymisées ». L’identité de l’usager ne pourra pas être attribuée sans informations supplémentaires.Si le projet durera trois ans, les données seront conservées pendant cinq ans au maximum. Une durée justifiée par « le temps nécessaire aux publications scientifiques ». En février dernier, Doctolib indiquait avoir porté à 900 le nombre de personnes travaillant dans la recherche et le développement, dont 100 uniquement sur l’IA, qui a pris une place majeure dans sa stratégie.L’entreprise propose notamment aux médecins un « assistant de consultation », facturé 79 euros par mois, qui doit permettre « la prise de notes automatiques grâce à l’IA », afin de générer plus simplement les comptes rendus et les courriers médicaux. Des données médicales qui, selon Le Canard Enchaîné, entraînent les modèles d’IA de Google, Microsoft ou encore Anthropic. Ce qui a été démenti par Doctolib.
Vos données de santé utilisées pour un projet d’IA ? Ce que signifie ce mail envoyé par Doctolib
Sans demande de consentement spécifique, Doctolib s’appuie sur les données pseudonymisées de ses utilisateurs pour lancer un vaste projet de






