Le policier montréalais Mohamed Lamine Benredouane a été salué une dernière fois par ses proches, ses collègues, des citoyens et des milliers de policiers venus des quatre coins du pays mardi. L’émouvante cérémonie au Centre Bell a souligné le courage et le sens du devoir du policier tué lors de la fusillade du 22 juin dernier.« Nous étions liés par une complicité unique. Il n’était pas seulement mon frère, il était une partie de moi », a confié son frère jumeau, Ahmed, qui, avec ses deux sœurs, a pris la parole pour honorer la mémoire du policier. « Depuis son enfance, il voulait devenir policier. […] Depuis le 22 juin, notre monde s’est écroulé. » Il a promis de rappeler aux enfants du défunt « quel homme extraordinaire était leur père ».Sa sœur aînée, Amira, a décrit Mohamed Lamine Benredouane comme une « personne hors pair », un « frère attentionné, un fils dévoué et un conjoint aimant ». « Il s’est sacrifié pour sauver un nombre inestimable de personnes présentes sur les lieux du drame. J’ai personnellement visité l’endroit où la fusillade a eu lieu et j’ai compris l’ampleur de la situation et ce qui a motivé la réaction instinctive de Mohamed », a-t-elle relaté avec émotion.
« Mo », courageux et empathiqueNé en 1992 en Algérie, Mohamed Lamine Benredouane est arrivé au Canada en 2005 avec sa famille, qui s’est installée dans le quartier de Côte-des-Neiges. C’est d’ailleurs au poste 26, dans ce même quartier, qu’il a travaillé après avoir joint les rangs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en 2021.Le 22 juin, avec sa partenaire de patrouille, il a répondu à un appel d’urgence pour un tireur barricadé dans un hôtel de Côte-des-Neiges. Mohamed Lamine Benredouane a été atteint par une balle tirée par l’auteur de la fusillade. Père d’un enfant de deux ans, le policier de 34 ans laisse dans le deuil sa conjointe, qui attendait un enfant.« Ce 22 juin 2026, c’est comme si j’avais perdu quelqu’un de ma propre famille, de ma deuxième famille, celle du SPVM », a souligné Fady Dagher, directeur du SPVM, lors de son hommage au policier qu’il avait rencontré à plusieurs reprises. « En ce 22 juin, tu as donné ta vie afin que d’autres puissent vivre. La population de Montréal a une dette envers toi. »







