Ce mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a rendu son arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, l’ancêtre du RN. A la suite d'un délibéré d'un peu moins d'une heure, les douze prévenus qui avaient fait appel de leur décision en première instance, ont été condamnés. Parmi eux, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national à l'Assemblée, et, à l'époque des faits, présidente du parti. Dans le détail, la députée du Pas-de-Calais poursuivie pour détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics, écope d’une peine de trois ans de prison dont un an ferme, sous bracelet électronique. Une décision que Michèle Agi, la présidente de la cour d'appel a justifié en soulignant qu'"un complice est un instigateur plus dangereux. Et la magistrate d'ajouter : en tant que cheffe de parti, "il convient de faire respecter les règles".15 mois ferme d'inéligibilitéA cette peine, s'ajoutent une amende de 100 000 euros et une inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis. Une décision moins sévère que celle rendue en première instance, en mars 2025, lorsque la députée avait été condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec application immédiate. Depuis son premier passage devant les juges, Marine Le Pen a donc déjà "purgé" cette peine d'inéligibilité de 15 mois ferme. "L’exécution de cette peine [d'inéligibilité] depuis le 31 mars 2025 a d’ores et déjà réparé l’atteinte à la probité", a estimé la présidente Michèle Agi. Ainsi, la décision rendue aujourd'hui ne l'empêche pas de se présenter à l'élection présidentielle. Toutefois, si elle choisissait de se lancer dans la course, la future candidate devra faire campagne avec un bracelet électronique. Mais, ces derniers mois, la cheffe de file du RN a exclu cette hypothèse à de nombreuses reprises. Dernière en date, ce 2 juillet, sur le plateau de LCI. "Si je peux être candidate, je serai candidate pour peu que je puisse faire campagne. Car s’il s’agit de m’autoriser à être candidate mais de m’empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ce ne sera pas possible. Je ne peux pas dépendre d’un magistrat pour m’autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont". Et de trancher : "Je pense que lorsqu’on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements et ça n’est pas le cas si vous êtes porteur d’un bracelet électronique." Une campagne sous bracelet électronique ? Effectivement, les contraintes de la surveillance électronique ne sont pas des moindres. Il revient notamment au juge d'application des peines de fixer les heures de sortie possible du domicile du condamné. Impossible donc pour Marine Le Pen de se rendre dans un territoire d'outre-mer ou encore d'organiser un meeting en soirée. Toutefois, une remise de peine pourrait permettre à la triple candidate à l'Elysée de ne porter son bracelet électronique que six mois, indique une source judiciaire au Parisien. Jusqu'à janvier 2027 donc, à condition que la députée du Pas-de-Calais se le fasse poser rapidement. Pour l'heure, Marine Le Pen n'a pas tranché la question de sa candidature et de l'éventualité de voir Jordan Bardella la remplacer dans la course à l'Elysée. Elle devrait le faire ce soir, à 20h, sur le plateau de TF1.
Marine Le Pen condamnée : pourquoi elle pourrait quand même se présenter à la présidentielle
Si la décision de la cour d'appel de Paris n'empêche techniquement pas Marine Le Pen de se présenter à la fonction suprême, elle sème son parcours d'obstacles.










