Donald Trump a fait pression pour que la Fifa annule la suspension d’un joueur, mais les États-Unis ont quand même pris une rouste face aux Belges (4-1). Un peu de justice dans ce monde de foot, ça fait du bien. Le Belge Romelu Lukaku après avoir marqué le quatrième but contre les États-Unis cette nuit. Photo Nick Didlick/AP/Sipa Par Michel Bezbakh Publié le 07 juillet 2026 à 12h50 On a eu un flash, samedi après-midi, avant les huitièmes de finale. Finalement, cette Coupe du monde qu’on annonçait « MAGA » n’était pas si politique. Nulle trace de Trump et du beau foot, on commençait même à s’habituer aux pauses pub pendant les matchs. Et puis, patatras. Donald Trump n’est toujours pas entré dans un stade, mais il a décroché son téléphone pour demander à son copain Gianni Infantino, le président de la Fifa, d’annuler la suspension du meilleur attaquant américain pour le huitième de finale contre la Belgique. Folarin Balogun avait été logiquement exclu au tour précédent, pour une énorme faute qu’il avait reconnue. Infantino, qui fait ce qu’il veut à la Fifa, s’est exécuté. Vas-y Folarin, tu peux jouer, mais qu’on ne te reprenne plus à arracher des chevilles ! C’était du jamais-vu, et c’était triste, désespérant, de voir un trumpisme pur et dur s’appliquer au football : caprice, mafia, fake news, contestation de l’incontestable. « Il n’y avait pas faute », a-t-il écrit, avant de saluer la réparation d’une « grave injustice ». On commence à le savoir : 2 + 2 = 5. Alors forcément, la nuit dernière, on a regardé États-Unis/Belgique comme si c’était les Bleus, avec fébrilité, soutenant les Diables rouges pour que le sport batte le trumpisme. On a vu un match bien arbitré (par le Jordanien Adham Makhadmeh) et dominé par les Belges, un Balogun fantomatique et un gardien américain auteur d’une délectable boulette à l’heure de jeu. Dans le temps additionnel, ce bon vieux Romelu Lukaku faisait de ce match une correction (4-1), avant de se diriger vers les tribunes un doigt sur la bouche, et d’imiter la danse de Trump avec ses partenaires. Le compte Instagram de sa fédération pouvait alors s’adresser au président : « Annule ça. » Voilà une chose, a priori, qui reste impossible. 1-4 = élimination. Il y a sur le terrain, même aujourd’hui, deux ou trois vérités intangibles. Quand on est nul, ben on est nul. Ce n’est pas grand-chose, c’est même rien du tout à côté de tout ce que Donald Trump détruit aux quatre coins du monde, mais on ne va pas bouder ce petit plaisir. Si certaines Coupes du monde n’ont pas été gagnées uniquement sur le terrain (l’Italie en 1938, l’Argentine en 1978), ce devrait être le cas de celle-ci. Le foot peut encore résister, par-ci par-là, un tout petit peu. À lire aussi : “J’ai dit tant de fois : le football, plus jamais” : des écrivains racontent leur relation au foot et à la Coupe du monde Télévision États-Unis Sport Football Donald Trump Coupe du monde de football Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
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