Lagos, est l'une des villes qui connaissent la croissance démographique la plus rapide au monde. Sa population gigantesque est estimée à environ 20 millions d’habitants. Son urbanisation rapide contribue à un mode de vie où la survie repose sur l’improvisation et l’ingéniosité.
Le musicien nigérian Fela Kuti a résumé les difficultés chroniques de cette mégalopole par l’expression « impossibilisme ». Pourtant, Lagos est également réputée pour offrir de nombreuses possibilités.
Mes recherches en tant qu’anthropologue spécialisée dans la religion montrent que de nombreux habitants de Lagos se tournent vers la religion dans l’espoir de transformer l’impossible en possible. La religion n’est pas seulement une affaire spirituelle, mais aussi un moyen pratique de résoudre des problèmes.
Pour améliorer leur quotidien à Lagos, les habitants doivent surmonter de nombreuses difficultés : incertitudes économiques, défaillances des infrastructures, problèmes de gouvernance, inégalités et criminalité. Pour maximiser leurs chances de réussite, ils sont de plus en plus nombreux à allier des éléments issus de différentes traditions religieuses. Le « Chrislam », apparu à Lagos dans les années 1970, en est un exemple marquant. Il mêle croyances et pratiques chrétiennes et musulmanes.







