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ReportageL’enchaînement de périodes de sécheresse et de pluies intenses sous l’effet du réchauffement climatique provoque des mouvements des sols argileux, qui entraînent des dégâts sur les maisons.

Dans le couloir, juste à l’entrée de la cave, une série de dates au crayon rappelle la croissance des enfants. Dans la maison que François a fait construire à Bouloc (Haute-Garonne) en 2004, cette toise est bien la seule marque murale qui ne soit pas source d’angoisse. A l’extérieur, comme à l’intérieur, une série de fissures, de toutes les tailles, strient les murs. Certaines les traversent même, empêchant les fenêtres de fermer, comme dans la chambre du fils, où une balafre cisaille le haut du mur. « On pourrait être heureux, ici, fait observer le père de famille, un œil sur la terrasse et le jardin, mais je ne suis jamais serein. Je scrute le moindre signe, je prends sans cesse des mesures pour documenter l’écartement ou l’allongement. Là, je me demande si la difficile fermeture de mon portail de garage depuis la canicule est un nouvel indice de la rétractation de l’argile. »

François est un prénom d’emprunt, comme ceux de toutes les personnes citées par leur prénom. Ce propriétaire préfère taire son identité en attendant le constat de l’état de catastrophe naturelle de sa commune. A ce moment-là, seulement, il pourra signaler à son assureur les dommages subis par sa maison en raison de la sécheresse et des mouvements des argiles du sol. Il aura ainsi une chance de voir ses dommages pris en charge, et les fondations consolidées par de très onéreuses injections de résine. Si la compagnie d’assurances apprend que les dégâts sont antérieurs à l’arrêté de catastrophe naturelle, François ne pourra prétendre à rien. Cette double peine de voir son bien se délabrer et de n’être pas reconnu comme victime est le lot de centaines d’habitants du nord toulousain, qui se disent « sinistrés climatiques ».