Publié le 04 juillet 2026 à 11:16. / Modifié le 04 juillet 2026 à 11:33.

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«Je suis né en Suisse au sein d’une famille qui n’avait aucune connexion avec le monde artistique et c’est grâce à des médiums insolites comme les affiches de Keith Haring pour le Montreux Jazz Festival [MJF] que j’ai découvert l’art.» Ces mots appartiennent à Hans Ulrich Obrist, invité en 2023 de l’émission Bienvenue au club sur France Culture en tant que «critique d’art le plus influent du monde». Pour concevoir ses placards, le MJF a ainsi vu défiler une liste de personnalités à faire pâlir de jalousie les plus grands galeristes. En 60 éditions, on peut relever les noms de Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle, Andy Warhol, François Boisrond, Max Bill, Robert Combas, John M Armleder, Sylvie Fleury ou Christian Marclay. Mais comment une manifestation musicale organisée sur les rives du Léman est-elle parvenue à réunir de tels artistes?«Même s’il existait déjà des productions remarquables par l’intermédiaire du graphiste montreusien Roger Bornand ou de l’Américain Milton Glaser, l’arrivée de Pierre Keller [enseignant en 1982 au Gymnase du Bugnon, à Lausanne, puis directeur de l’ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne de 1995 à 2011] a tout changé. Il a institué le fait que l’affiche de chaque édition ne devait plus être un simple produit marketing, mais avant tout une œuvre d’art», explique Mathieu Jaton, directeur du MJF. Une démarche radicale: dès lors, l’affiche ne comprendra plus jamais les noms des musiciens qui montent sur scène ni les logos des sponsors; elle sera toujours imprimée en sérigraphie et le format de base restera à chaque fois le même (70 × 100 cm). Pierre Keller va également puiser dans son «puissant» carnet d’adresses pour choisir ses «invités».