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ReportageDepuis la chute de Bachar Al-Assad, l’Etat hébreu a installé des bases sur les hauteurs situées à cheval sur les provinces de Quneitra et de Deraa, et ses soldats, qui disent rechercher des combattants du Hezbollah et de groupes liés à l’Iran, sont accusés de nombreuses exactions.

Deux jeunes hommes tuent le temps au sommet d’une moissonneuse-batteuse. Des femmes discutent sur leur pas-de-porte. En ce mardi 30 juin, le village agricole d’Abdine, aux confins du sud-ouest de la Syrie, dans la vallée de Yarmouk, est paisible. Mais, deux jours plus tôt, deux tiers des 4 000 habitants avaient fui, à pied, au milieu de la nuit, terrifiés par les tirs de tanks, de drones et d’hélicoptères de l’armée israélienne. Les soldats avaient peu goûté la rébellion des habitants, qui avaient barré les routes pour protester contre leur installation, la veille, sur la colline d’Al-Moukhour. Forcés à évacuer sous les jets de pierre, ils ont bombardé en représailles les abords du village.

« Les villageois se sont défendus. Car si les Israéliens installent une base sur la colline, ils ne pourront plus accéder à leurs terres dans la vallée de Yarmouk. C’est une pression économique. Ainsi, autour de la base qu’ils ont installée dans le village d’Al-Maariya, 70 hectares de terres sont devenus quasi inaccessibles », justifie Jamal Ibrahim, le moukhtar – l’édile local – d’Abdine, un agriculteur de 53 ans. Des responsables de la province de Deraa sont venus appeler au calme. « Ils ne veulent pas d’escalade, pour ne pas donner aux Israéliens un prétexte pour rester », ajoute-t-il.