Une dizaine de pays devraient annoncer la semaine prochaine leur intention de participer à la création de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (Banque DSR), dont la mission sera de faciliter le financement des PME du secteur de la défense au sein des États membres et alliés de l’OTAN.Selon les informations du Devoir, la liste des pays fondateurs de la future institution multinationale sera dévoilée dans un communiqué conjoint, à l’occasion du sommet de l’OTAN qui s’ouvre mardi prochain à Ankara, en Turquie.Le Canada sera le seul pays non européen à figurer dans cette liste, qui ne compte pour l’instant aucun autre pays du G7. À noter toutefois que les discussions se poursuivent et que la liste des pays fondateurs pourrait donc encore évoluer.Les discussions en cours concernent la signature d’une charte d’une cinquantaine de pages qui établit notamment le mode de gouvernance, les modalités d’adhésion, la question du droit de vote mais aussi et surtout l’Annexe A, qui concerne le montant du capital de chaque membre. C’est cette question centrale qui doit désormais être ratifiée par chacun des pays désireux de se joindre à l’initiative portée par Mark Carney depuis son discours de Davos, en janvier dernier.S’il est certain que c’est le Canada qui accueillera le siège principal de la banque, le nom de la ville hôte ne devrait pas être dévoilé lors du sommet d’Ankara. Cinq villes sont encore en lice au pays : Toronto, Montréal, Ottawa, Halifax et Vancouver. La semaine dernière, le premier ministre Carney a annoncé que le Luxembourg avait été choisi comme siège européen de la future banque.2,4 milliards pour le CanadaÀ son rythme de croisière, la Banque de la défense se donne pour objectif de se doter de 160 milliards de dollars de capital. Les contributions seront proportionnelles au PIB de chaque pays. Ainsi, le Canada pourrait être amené à y contribuer jusqu’à 2,4 milliards de dollars, quand les plus petits pays pourraient payer entre 800 millions et 1,2 milliard de dollars.Pour Isabelle Hudon, négociatrice en chef du Canada pour le lancement de cette initiative multilatérale, le plus important pour l’organisation est d’avoir le niveau de capital requis pour qu’elle puisse voir le jour. Le nombre de pays fondateurs est important, plus que le fait qu’ils soient membres ou non du G7. De plus, l’institution ne regroupera que des pays souverains et ne fera pas appel à du capital privé.« Il y a un niveau de capital minimal qui est requis pour être crédible, mais aussi pour avoir la cote de crédit AAA souhaitée, explique Mme Hudon, qui est par ailleurs présidente et cheffe de la direction de la Banque de développement du Canada (BDC). Ce niveau de capital se situe entre 3,5 et 4 milliards d’euros [entre 5,7 et 6,5 milliards de dollars]. »