Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Extrême droite Extrême droite Extrême droite Tribune Collectif La condamnation judiciaire du magazine d’extrême droite « Frontières » pour avoir divulgué les données d’avocats spécialisés dans le droit migratoire a suscité un déferlement de haine raciste stupéfiant contre le magistrat qui a présidé l’audience, s’indigne, dans une tribune au « Monde », un collectif de citoyens. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Dans un numéro diffusé à 20 000 exemplaires, un magazine d’extrême droite [Frontières] a, sous le titre « Invasion migratoire. ONG, avocats, juges, journalistes, passeurs. Les coupables », dressé sur 64 pages un « podium » des quatre juges de tribunaux administratifs et de 61 avocats qui, selon lui, sont les plus empressés à défendre les étrangers frappés d’arrêtés d’expulsion. Sur plainte du Conseil national des barreaux, du Syndicat des avocats de France, de plusieurs ordres d’avocats et d’une dizaine des avocats nommément visés, le tribunal de Bobigny a, jeudi 18 juin, condamné l’auteur et directeur de la publication [Erik Tegnér]. Ce dernier a reçu une peine de six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour « risque causé à autrui » à travers la divulgation d’informations personnelles, sur la base de la loi votée consécutivement à la campagne de haine ayant mené à l’assassinat de Samuel Paty [professeur d’histoire-géographie de collège décapité par un djihadiste tchétchène, en octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)]. Le tribunal a consacré une journée entière de débats aux arguments du journaliste, également rédacteur en chef du journal. C’est un privilège rare, de nos jours, de bénéficier matériellement d’un tel temps de dialogue pour une audience. Le jugement, d’une trentaine de pages, a pourtant déclenché – grâce à une harangue par vidéo du condamné lui-même – un déferlement de haine stupéfiant. Au-delà de la répugnance que provoquent ces diatribes racistes, leur cible mérite l’attention. Alors que la décision a été rendue par trois juges ayant chacun une voix égale, elles se concentrent, comme lors de la condamnation de Marine Le Pen [en première instance, en mars 2025, pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (aujourd’hui Rassemblement national) au Parlement européen], sur le magistrat qui présidait le tribunal. Cela révèle que les contempteurs sont imperméables à l’idée de délibération, la décision ne pouvant, à leurs yeux, émaner que d’un chef, qui se prénomme Youssef [Badr], ce qui suffit, dans leur pensée rudimentaire, à contester sa nationalité française. Il vous reste 63.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Menacer un juge, c’est tourner le dos aux valeurs fondamentales de la République »
TRIBUNE. La condamnation judiciaire du magazine d’extrême droite « Frontières » pour avoir divulgué les données d’avocats spécialisés dans le droit migratoire a suscité un déferlement de haine raciste stupéfiant contre le magistrat qui a présidé l’audience, s’indigne, dans une tribune au « Monde », un collectif de citoyens.














