Publié le 03 juillet 2026 à 07:30.
5 min. de lecture
Au-delà des places boursières se trouve un autre univers vaste et captivant, celui des marchés non cotés rassemblant des milliers de petites et moyennes entreprises, des firmes familiales et des projets d’infrastructure sans équivalent. Investir dans les marchés privés, c’est s’engager directement avec l’économie réelle, à travers un continuum de profils de risque: du capital-risque au capital-développement, jusqu’aux opérations de rachat (LBO) sur des entreprises matures.
Diversification, performance et résilience
L’argument en faveur des actifs privés repose d’abord sur la diversification. Les actifs privés permettent d’élargir un portefeuille au-delà de ce que les marchés cotés peuvent offrir. Au sein même des marchés privés, la diversité géographique – l’Europe, avec la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, forme le plus grand gisement –, sectorielle et par taille d’entreprise ajoutent une plus grande granularité. La dette infrastructure finance par exemple les routes, les réseaux d’énergie et les projets de transition dont les économies ont besoin pour croître et que les seuls budgets publics ne peuvent pas financer. La dette privée permet, quant à elle, de financer des entreprises à la recherche de solutions de financement flexibles, notamment pour soutenir leur croissance ou couvrir leurs besoins en fonds de roulement. L’immobilier, la plus ancienne des classes d’actifs privés, complète le tableau avec des actifs tangibles générateurs de flux de trésorerie.La performance à long terme est historiquement le second argument. Au cours de la dernière décennie, le private equity européen a généré un taux de rentabilité interne moyen d’environ 14%, bien supérieur à celui des marchés cotés. Une partie de cette performance est venue de la baisse des taux d’intérêt, qui a dopé les transactions à effet de levier. Ce contexte porteur s’est toutefois estompé et les rendements moyens devraient, au cours de la prochaine décennie, s’inscrire en baisse d’environ 2%. Néanmoins, le rendement ajusté du risque devrait rester supérieur à celui des marchés cotés, soutenu par la prime d’illiquidité que le capital patient gagne au fil du temps.La résilience est le troisième pilier, peut-être le plus sous-estimé. Les actifs privés sont détenus sur de longs horizons, ils sont ainsi isolés de la volatilité à court terme des marchés cotés. En cas de choc géopolitique ou d’une surprise en matière de taux d’intérêt, les portefeuilles privés, ancrés dans la performance sous-jacente de leurs participations, réagissent beaucoup plus lentement. C’est cet effet d’atténuation qui fait des actifs privés un contrepoids utile, selon nous, dans une allocation diversifiée.







