Tom JennéNewsmanager entreprendre02 juillet 2026Aujourd'hui à 17:55Derrière les victoires des Diables rouges ou de Nafi Thiam se cache un socle trop négligé: le sport amateur, vivier de talents et vrai enjeu politique.Des milliers de Belges qui se jettent dans les bras des uns des autres pour une victoire arrachée de justesse des Diables rouges en 16e de finale de la Coupe du monde. Des centaines de milliers de compatriotes qui vibrent devant leur écran pour un exploit de Nafi Thiam ou de Wout Van Aert.Dans un pays où la fierté nationale relève presque de la honte, les victoires sportives, aussi étriquées et compliquées soient-elles, restent un des derniers catalyseurs d’émotion collective. Pourtant, derrière un but arraché à la dernière minute se cache un monde trop souvent oublié: le sport amateur.Dans un pays aussi petit que la Belgique, on ne peut pas compter uniquement sur l’éclosion spontanée de talents hors norme. Il faut absolument construire des stratégies basées sur deux piliers: mieux détecter les talents à partir d’un certain âge, et élargir la pratique sportive pour tous afin de construire le plus grand vivier possible.On ne part pas de nulle part. La manière dont la fédération belge de hockey a transformé un sport confidentiel en une valeur sûre olympique est étudiée bien au-delà de nos frontières. Le projet Be Gold, mené par le Comité olympique belge, a contribué à cette réussite du hockey belge et continue de porter ses fruits dans de nombreux sports. Même si ce dispositif pourrait être renforcé et mieux financé.Mieux aider les petits clubs amateursOn oppose souvent le sport professionnel et le sport amateur. Une erreur. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Sans Justine Henin, le tennis amateur n’aurait jamais connu un tel succès dans les années 2000. Sans un football amateur fort, les Diables rouges risquent de replonger dans les tréfonds du classement Fifa. Et l’Union belge de football l’a bien compris. Son directeur sportif, Vincent Mannaert, veut allouer davantage de moyens aux clubs amateurs. Son raisonnement est clair: plus de jeunes joueurs et jeunes joueuses évolueront dans de meilleures conditions, plus il sera facile d’y puiser les talents de demain.Une réflexion qui doit vivre au-delà du monde du football. De nombreux clubs de sport amateur sont aux abois financièrement. Leur seule solution reste souvent d’augmenter les cotisations, quitte à exclure une partie du public intéressé. Ces structures ont davantage besoin d’un soutien public. Pour construire les champions de demain, qui auront un vrai "rôle modèle" auprès des nouvelles générations. Mais aussi parce qu’il s’agit d’une question de santé publique et de cohésion sociale. Le sport mériterait d’être un sujet politique plus souvent qu’uniquement lors des Jeux olympiques ou de la Coupe du monde de football.
Édito | Pour fêter les futurs Diables rouges de demain, il faut mieux soutenir les clubs amateurs
Derrière les victoires des Diables rouges ou de Nafi Thiam se cache un socle trop négligé: le sport amateur, vivier de talents et vrai enjeu politique.









