Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Procès Procès Procès Cinq prévenus, âgés de 22 à 25 ans, sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste. Des listes de personnes à abattre, des armes et des écrits haineux ont été retrouvés au cours de l’enquête, accréditant, selon le parquet, un futur passage à l’acte. Des projets d’actions violentes qui ne relèvent pas du simple « fantasme » : le parquet a requis, mercredi 1er juillet, entre deux ans et sept ans de prison ferme contre six hommes, dont un ancien policier et deux militaires, jugés à Paris pour un trafic d’armes dans la mouvance d’ultradroite pronazie. Dans ses réquisitions, la procureure Marine Valentin a insisté sur l’idéologie radicale, le « racisme le plus primaire », l’« antisémitisme », l’« homophobie » des prévenus, qui apparaissaient dans toute leur crudité dans leurs échanges sur les réseaux sociaux jusqu’à leur arrestation en 2023. Mais ce qui leur est reproché va beaucoup plus loin, a poursuivi la magistrate : exprimées au milieu de ce flot de haine visant indifféremment musulmans, juifs, personnes LGBTQIA +, journalistes ou avocats, les velléités d’actions violentes ne se résumaient pas à des mots. Que certains invoquent « leur lâcheté qui les aurait rendus incapables d’un passage à l’acte », ne pourra convaincre le tribunal correctionnel de Paris au moment du jugement vendredi, selon Marine Valentin. La procureure a rappelé l’admiration que certains exprimaient pour Anders Breivik ou Brenton Tarrant, ces tueurs de masse suprémacistes blancs qui ont à eux deux assassiné un total de près de 130 personnes en 2011 en Norvège et en 2019 en Nouvelle-Zélande. Un policier devenu « trafiquant d’armes » Surtout, ces sympathisants d’ultradroite, que comptaient-ils faire de ces armes qu’ils se sont effectivement procuré dans un trafic « organisé, structuré » autour d’un militaire aujourd’hui âgé de 24 ans, et dont la partie mise au jour ne serait que « la face émergée de l’iceberg ». Il y a aussi ces listes, comme celles de ces « avocats à abattre », de militants de gauche ou de journalistes, qu’établissait devant son ordinateur, dans l’Ain, un des prévenus qui les distribuait sur les groupes d’ultradroite. Tout ceci constitue une association de malfaiteurs terroriste, dont répondent cinq des prévenus, âgés de 22 à 25 ans, estime la procureure. Le sixième prévenu, un policier retraité de 61 ans n’est jugé que pour trafic d’armes, l’enquête n’ayant pas établi qu’il avait conscience que les armes qu’il fournissait pouvaient avoir pour objet de mener des attentats. Marine Valentin réclame quatre ans de prison dont dix-huit mois avec sursis contre ce policier devenu « trafiquant d’armes », qui a peiné à convaincre que ses messages racistes et antisémites ou les objets retrouvés chez lui (buste d’Adolf Hitler, drapeaux nazis, photos dédicacées « en toute amitié » par d’anciens Waffen-SS,…) relevaient de sa passion pour l’histoire ou de son goût pour « l’humour potache » et les « propos trash ». « Attirail nazi » La peine la plus lourde, sept ans, a été réclamée contre l’ancien militaire, pivot du trafic, dont Marine Valentin a relevé la « recherche effrénée » de fournisseurs pour des armes qu’il envoyait à ses clients par colis. Mais cet ex-soldat, qui a décrit une enfance bercée par le pétainisme, l’antisémitisme et le traditionalisme catholique, a « évolué », concède la magistrate qui a souhaité que soient retenues la « prise de recul et la capacité d’introspection pour le moins variables » des prévenus. Sur cette dangerosité future, Marine Valentin est clairement plus inquiète sur le plus jeune prévenu, 22 ans, qui comparaît détenu et est apparu particulièrement rigide : elle a demandé qu’une peine de six ans de prison soit assortie d’une période de sûreté des deux tiers, durant laquelle tout aménagement de peine sera impossible. Né d’une mère japonaise et d’un père marocain, il a répété son rejet du métissage et ajouté que s’il avait « délaissé certaines thèses » d’ultradroite, il en avait « gardé d’autres ». Ce jeune homme était clairement prêt à aller « plus loin » que de simples messages violents : « Où est le fantasme quand on tient ce genre de propos et qu’on acquiert du TATP [explosif], des armes longues ? », a questionné la magistrate. Cette dernière a demandé qu’un mandat d’arrêt soit délivré en plus d’une peine de quatre ans contre un autre militant pronazi de 25 ans. Absent depuis le premier jour d’audience, il est en fuite. Quand ils sont allés chez lui, les gendarmes ont retrouvé « un attirail nazi », a relevé la procureure. Cet homme qui s’est tatoué un symbole ressemblant à une croix celtique sur le crâne « n’a aucunement changé », a-t-elle tranché. Le Monde avec AFP
Trafic d’armes et projet d’attaque terroriste : jusqu’à sept ans de prison requis contre six hommes, sur fond de mouvance pronazie
Cinq prévenus, âgés de 22 à 25 ans, sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste. Des listes de personnes à abattre, des armes et des écrits haineux ont été retrouvés au cours de l’enquête, accréditant, selon le parquet, un futur passage à l’acte.







