Licenciements en cascade, surveillance des salariés, fuite des cerveaux : chez Meta, la ruée vers l’intelligence artificielle (IA) se paie d’un climat interne délétère que la prospérité du géant des réseaux sociaux ne suffit pas à apaiser.Depuis plus d’un an, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp vit au rythme des coupes d’effectifs, d’une réorganisation chaotique de sa recherche d’IA et d’une intense pression sur ses salariés.Le malaise tranche avec une santé financière éclatante. Porté par la publicité — l’essentiel de ses revenus —, Meta a dégagé un bénéfice de près de 23 milliards de dollars au premier trimestre (+ 30 % sur un an).Mais la facture de ses investissements pour l’IA explose. Mark Zuckerberg, son fondateur au pouvoir quasi absolu, a décidé d’imposer à ses troupes des coupes claires et une surveillance accrue.Au printemps, l’entreprise a supprimé environ 8000 postes, près de 10 % des effectifs.Et la presse américaine regorge de témoignages décrivant une « culture de la peur », où chacun redoute la prochaine vague et où les rumeurs paralysent le travail.Ces coupes financent une course aux infrastructures vertigineuse : Meta prévoit jusqu’à 145 milliards de dollars d’investissements en 2026, près du double de l’an dernier. Quelque 6500 salariés ont par ailleurs été réaffectés à une équipe d’IA, où certains se voient confier des tâches jugées « abrutissantes » pour entraîner les machines, voire automatiser leur propre métier.Données d’employés captéesCette logique est celle d’un programme controversé, suspendu le 22 juin.Baptisé Model Capability Initiative et déployé en avril, il captait clics, frappes de clavier et navigation des employés américains pour entraîner des agents d’IA, ces outils capables d’exécuter seuls des tâches informatiques.Mark Zuckerberg, qui a érigé l’IA comme boussole du groupe, a assumé cette méthode lors d’une réunion interne : « Les modèles d’IA apprennent en regardant des gens vraiment intelligents faire des choses », s’est-il justifié, jugeant ses salariés plus qualifiés que des prestataires extérieurs.
Chez Meta, la ruée vers l’IA nourrit la peur et la colère des employés
Licenciements en cascade, surveillance des salariés, fuite des cerveaux: le climat à l’interne s’envenime.








