01 juillet 2026Aujourd'hui à 20:28Patrons et syndicats appellent le gouvernement wallon à arbitrer le dossier de la Boucle du Hainaut au nom de l'intérêt général.Il est rare de voir patrons, syndicats et organisation environnementale signer un même communiqué. Et pourtant, pour la deuxième fois en trois mois, AKT, la FGTB, la CSC, l'UCM et Canopea ont repris la plume pour interpeller le gouvernement wallon.Leur message est clair: il est temps de trancher dans le dossier de la Boucle du Hainaut. Ils mettent particulièrement la pression sur François Desquesnes, ministre de l'Aménagement du territoire, appelé à arbitrer le choix du tracé.Cette ligne à haute tension de 84,8 kilomètres doit connecter une partie de la Wallonie aux parcs éoliens de la mer du Nord et renforcer le réseau électrique. Son tracé traversera des villages, touchera des riverains et modifiera durablement des paysages ruraux. Un impact bien réel, que personne ne conteste. Mais pour les partenaires sociaux comme pour une partie du monde économique, le coût de l’inaction serait énorme car il hypothéquerait l’avenir économique de la Wallonie.Faute de capacité disponible sur le réseau, Elia bloque déjà près de 900 projets d'investissement. Derrière ce chiffre se cachent des entreprises qui renoncent à s'étendre, des investissements reportés ou délocalisés, et des emplois qui risquent de ne jamais voir le jour.Les études ont été réalisées, les consultations menées, les oppositions entendues. Le temps du diagnostic est passé. Il faut décider. Comme le rappellent les signataires, le gouvernement wallon ne peut se laisser paralyser par le syndrome Nimby – Not In My Backyard – qui consiste à reconnaître l'utilité collective d'une infrastructure tout en refusant son implantation à proximité de chez soi.900projetsFaute de capacité disponible sur le réseau, Elia bloque déjà près de 900 projets d'investissement.Renforcer le réseau électriquePolitiquement, le dossier est sensible. Le MR se montre plutôt favorable au projet. Chez Les Engagés, François Desquesnes s'y est opposé durant la campagne. Une position d'autant plus compréhensible qu'il réside dans l'une des 18 communes concernées par les cinq corridors potentiels dessinés par Elia.Mais un ministre ne peut plus raisonner en voisin. Sa responsabilité est désormais d'arbitrer au regard de l'intérêt général et des besoins de l'ensemble de la Wallonie.Qu'on soit favorable ou non à la Boucle du Hainaut, une évidence s'impose encore: la Wallonie ne pourra attirer de nouvelles industries ni réussir la décarbonation de son économie sans renforcer son réseau électrique.Aux côtés de la promesse d'accélérer les procédures de permis et la reconversion des friches, le gouvernement wallon s'est engagé à présenter une politique énergétique cohérente. La Boucle du Hainaut en fait clairement partie. Refuser cet investissement, c'est prendre le risque de voir les projets industriels s'installer ailleurs.
Édito | La Wallonie ne peut se gouverner en mode Nimby
Patrons et syndicats appellent le gouvernement wallon à arbitrer le dossier de la Boucle du Hainaut au nom de l'intérêt général.






