Tom JennéNewsmanager entreprendre01 juillet 2026Aujourd'hui à 05:01La taxe sur les petits colis est imparfaite mais nécessaire. Toutefois, la régulation ne réglera jamais seule le problème, car le vrai levier est le comportement des consommateurs.On espère qu’un jour ce 1er juillet 2026 restera dans les livres d’histoire économique. Comme la date qui aura marqué une nouvelle ère pour le commerce en Europe. Le jour où notre continent a pu reprendre la main face à l’afflux massif de petits colis venus de Chine.La taxe de trois euros qui entre en vigueur ce mercredi a une cible claire: Shein, Temu et autres AliExpress. Des entreprises dont le modèle d’expansion internationale s’est principalement basé sur le mépris des normes sociales, environnementales et fiscales.En 2025, 5,9 milliards de petits colis non-européens sont arrivés dans l’Union européenne, plus de trois fois plus qu’en 2022. 93% venaient de Chine. Des chiffres qui traduisent une vraie stratégie: inonder le marché européen de produits de mauvaise qualité à coûts extrêmement bas. Une stratégie qui paye et qui fait des dégâts en Europe.Face à une telle déferlante, l’Union européenne devait réagir, et elle l’a fait. Certes, la réponse n’est pas parfaite. Cette taxe ne stoppera pas demain l’arrivée des petits colis chinois. De nombreuses questions restent en suspens. Sans compter que la plupart des plateformes ont construit des entrepôts géants en Europe pour contourner cette taxe.Agir face à la déferlante de Shein, Temu et AliexpressMais le signal est là. L’Europe ne reste pas les bras ballants face à une déstabilisation extérieure de son marché intérieur. Elle met le holà, là où parfois elle a trop tardé à le faire. Elle utilise toutes les armes à sa disposition pour perturber ces plateformes. Et, surtout, cette taxe de trois euros n’est que provisoire en attendant la mise en place de la plateforme des données douanières, en 2028, qui doit combler les trous actuels dans la raquette des douanes européennes.Pourtant, le véritable débat se trouve sans doute ailleurs. L’Europe peut multiplier les dispositifs réglementaires, affiner ses contrôles, combler les failles de ses systèmes douaniers... Mais elle ne pourra jamais légiférer à la place des consommateurs. Si des milliards de colis continuent d’affluer chaque année, c’est d’abord parce que des millions d’Européens alimentent ce modèle en achetant sur Shein ou Temu.Parce que pour de trop nombreux consommateurs, le prix a pris le dessus sur tout le reste. Acheter un t-shirt ou un jouet à 2 euros qu’on utilisera une fois avant de le jeter est devenu un geste banal. Derrière lequel on oublie les conséquences de ses clics. Quitte à compromettre sa propre sécurité ou celle de ses proches comme l’ont montré de nombreuses enquêtes.Pour contrecarrer les plateformes chinoises et leurs effets néfastes, aucune réglementation ne sera parfaite du jour au lendemain. Saluons que l’Europe se réveille enfin. Mais la régulation ne peut être qu’une partie de la réponse. L’autre, plus inconfortable, repose sur les consommateurs eux-mêmes: continuer à acheter, c’est choisir de perpétuer ce modèle.
Édito | Pour contrer Shein et Temu, la clé est aussi entre les mains des clients
La taxe sur les petits colis est imparfaite mais nécessaire. Toutefois, la régulation ne réglera jamais seule le problème, car le vrai levier est le comportement des consommateurs.














