Karine sanglote en sortant du funérarium. Sa mère Lucette, une femme "en pleine forme", est subitement décédée cette semaine dans son appartement, près d'Orléans. "Il faisait trop chaud... Du coup, on l'a perdue", s'émeut-elle. "On lui a téléphoné, ça ne répondait pas. Il a fallu qu'on fasse venir les pompiers pour venir voir." Il était déjà trop tard.
Lucette est une des victimes de la canicule qui sévit en France depuis une dizaine de jours. Comme elle, de nombreuses personnes ont succombé aux fortes chaleurs. Notamment celles qui vivent isolées, chez elles, et qui ne sont découvertes qu'une fois qu'un proche ou un voisin s'inquiète de ne plus avoir de nouvelles.
Dimanche 28 juin, l'agence Santé publique France a, pour la première fois, donné un premier bilan de la surmortalité de ces derniers jours. Depuis mercredi, il y a eu près de 1.000 décès de plus que les mois précédents. Une anomalie. Et encore, ces chiffres ne sont pas consolidés, indique SpF, qui a basé ses calculs sur les certificats de décès électroniques, qui représentent habituellement 60% de la mortalité nationale (les certificats manuels mettent eux plus de temps à remonter).
"La lame tueuse de la canicule"Le gouvernement se prépare à une hausse considérable du nombre de décès liés à la canicule. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a acté l'évidence dimanche dans un entretien à La Tribune Dimanche : "On observe un nombre de décès supérieur à la normale". Mais reste maintenant à en connaître l'ampleur. D'autant que, même si les fortes chaleurs s'évacuent par l'Est ce week-end, les organismes ont été fragilisés par ces onze jours étouffants. Des morts peuvent survenir cinq à dix jours après la fin de l'épisode caniculaire.












