Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Migrations Migrations Migrations Depuis le début de l’année, les naufrages en Méditerranée et en Atlantique se multiplient, laissant sans nouvelles les proches de ceux qui tentent la traversée. Les familles se tournent alors vers des associations et les réseaux sociaux, espérant un signe de vie. Article réservé aux abonnés Le 4 août 2025, à 5 h 15, Bélédine Engelbert a reçu l’appel d’un inconnu : « C’est toi la grande sœur de Kankeu ? Je suis un de ses amis. Sois forte, mama », a lancé l’homme au bout fil. La veille, lui a-t-il raconté, il est monté avec d’autres à bord d’une petite embarcation surchargée qui a chaviré non loin des côtes de Sfax, en Tunisie. « Pendant le naufrage, Kankeu a crié “Sauvez-moi”. Il n’est plus là », a dit l’inconnu. Depuis ce coup de fil, Kankeu, camerounais de 23 ans, n’a plus donné signe de vie. Son WhatsApp est hors ligne. « J’ai mis du temps à me dire qu’il était mort », confie sa sœur. Pourtant, il y a quatre mois, une rumeur lui est remontée, colportée par un voisin : « Demi Giga », son surnom, aurait survécu au naufrage. Il aurait été, par la suite, « jeté par la police tunisienne » dans le désert algérien ou vendu à des trafiquants libyens. Qui croire ? Bélédine Engelbert a décidé de poster la photo de son petit frère sur un compte Facebook consacré aux questions migratoires, en espérant que quelqu’un l’ait vu ou croisé « en Tunisie, en Algérie, en Libye, en Europe, dans une prison ou ailleurs », énumère-t-elle. « Mais toujours rien », dit-elle en soupirant. Il vous reste 83.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.