La directrice du Musée canadien pour les droits de la personne déplore la démission d’un administrateur à cause d’une exposition consacrée aux Palestiniens déplacés, mais elle maintient sa décision d’ouvrir l’exposition au public samedi.L’exposition, intitulée « Palestine déracinée : La Nakba au passé et au présent », est consacrée aux personnes touchées par la Nakba, mot arabe signifiant « catastrophe ». Environ 750 000 Palestiniens ont été déplacés de force en 1948 lors des combats pour le contrôle de ce qui est aujourd’hui Israël.Cette exposition est en préparation depuis quatre ans, bien que les Palestiniens du Canada réclament que leurs histoires soient racontées au musée de Winnipeg depuis son ouverture en 2014.Des groupes juifs ont fait part de leurs inquiétudes, estimant que l’exposition pourrait attiser l’antisémitisme en ne fournissant pas suffisamment de contexte historique et qu’elle avait été conçue sans consultation ni transparence suffisantes.Mark Berlin, membre du conseil d’administration, a présenté sa démission en début de semaine, accusant le musée de privilégier l’idéologie à une histoire fidèle aux faits.« Il est regrettable que [M. Berlin] ait choisi de démissionner en se fondant sur ses opinions concernant cette exposition et sur ce qu’il en savait », a déclaré vendredi Isha Khan, directrice générale du musée.« La gouvernance du conseil d’administration a pour but de gérer les divergences d’opinions, de prendre des décisions dans l’intérêt de ce musée et de veiller à ce que nous remplissions notre mission. Je pense que c’est ce qu’a fait notre conseil d’administration : il a soutenu ce musée dans son travail visant à remplir notre mission. »M. Berlin, qui n’avait pas vu l’exposition avant de démissionner, a déclaré qu’elle ne tenait pas compte des quelque 850 000 Juifs qui ont été contraints de fuir les pays arabes dans les années qui ont suivi la création d’Israël.Il a ajouté que présenter le déplacement des Palestiniens de 1948 sans le contexte historique et politique approprié pouvait aggraver la méfiance et l’animosité qui existent entre les juifs et les musulmans au Canada.
L’exposition sur les Palestiniens déplacés ouvre samedi après les critiques
Des groupes juifs ont fait part de leurs inquiétudes, estimant que l’exposition pourrait attiser l’antisémitisme.













