Angelina Jolie, qui vit en partie dans l’Hexagone et dont la mère était de nationalité française, n’avait pourtant jamais tenu de grand rôle dans la langue de Molière, jusqu’à Coutures, d’Alice Winocour, qui prend l’affiche au Québec vendredi après sa première mondiale au Festival international du film de Toronto en septembre. On l’avait déjà vue à l’écran en France, notamment dans By the Sea (2015), production américaine qu’elle avait réalisée et dans laquelle elle donnait la réplique à Brad Pitt, alors encore son mari. Elle y jouait toutefois principalement en anglais.C’est pour dire que l’actrice hollywoodienne, connue pour remporter des cachets exorbitants — et comme par hasard pour jouer presque systématiquement dans de mauvais films —, n’aurait pas accepté n’importe quelle offre de cinéma d’auteur payé par les contribuables français. Mais Winocour, diplômée en scénarisation de la prestigieuse Fémis et révélée par le scénario césarisé de Mustang (2015), a trouvé en Jolie l’interprète toute désignée pour tenir ce premier rôle.Elle y incarne Maxine Walker, réalisatrice de films de genre invitée à Paris par une grande maison de couture pour y tourner un court métrage destiné à être présenté lors du prochain défilé de la marque. Tout se passe plutôt bien sur le plateau, bien que la protagoniste relègue manifestement sa vie familiale au second plan, jusqu’au jour où elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein et qu’elle doit commencer au plus vite la chimiothérapie. Celle qui semblait jusque-là en parfaite maîtrise d’elle-même devient alors vulnérable, à fleur de peau, et peine à avouer ce qui lui arrive.Il est difficile de ne pas voir dans la fragilité qu’incarne Jolie un écho à sa propre histoire. Elle a révélé en 2013 avoir subi une double mastectomie préventive après avoir perdu sa mère d’un cancer du sein, sortie qui a été très médiatisée. Winocour, quant à elle, a été atteinte de la maladie.Regard superficielSi l’actrice s’exprime dans un français impeccable et qu’elle se révèle crédible dans la peau de cette Américaine mélancolique, le film, lui, s’essouffle rapidement. Il adopte en fait une structure chorale, qui fait se croiser le récit de Maxine, celui d’une mannequin kényane venue à Paris pour son premier contrat ainsi que celui d’une maquilleuse rêvant de devenir écrivaine qui planche sur un texte d’autofiction inspiré des personnes qu’elle côtoie au travail.