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EnquêteLa philosophe a semé le trouble en invitant le milliardaire Peter Thiel, parfois qualifié de « technofasciste », à s’exprimer devant l’Académie des sciences morales et politiques. Retour sur la trajectoire d’une figure influente au sein de la droite antimoderne.
Pour qui veut rencontrer Chantal Delsol, il existe un rendez-vous où elle se rend immanquablement depuis bientôt vingt ans. La philosophe participe chaque lundi à la traditionnelle séance publique de l’Académie des sciences morales et politiques, à Paris. Après plusieurs messages sans réponse, c’est donc là que nous sommes allés à sa rencontre, en espérant lui poser nos questions. Refus poli de l’intéressée. « Vous allez m’injurier », nous dit-elle, avant de prendre place dans ce cénacle auquel appartiennent notamment l’ancien ministre Xavier Darcos, le journaliste politique Alain Duhamel, ou encore… le patron de LVMH, Bernard Arnault, élu fin 2024.
Le fauteuil nᵒ 1, lui, est occupé depuis 2007 par l’une des rares femmes de l’assemblée (cinq membres sur cinquante), mais qui compte parmi ses plus prestigieuses figures intellectuelles : Chantal Delsol. Pilier de cette institution, la philosophe de 79 ans a semé le trouble en invitant, le 26 janvier, le milliardaire libertarien américain Peter Thiel, parfois qualifié de « technofasciste », à discourir dans le cadre de son groupe de travail sur l’avenir de la démocratie. Et ce quelques mois après un colloque du groupuscule Action Ecologie, qui a pu réunir, en novembre 2024, la crème des climatosceptiques français dans les murs de l’Institut de France, grâce à la même Chantal Delsol.








