Monde EuropeGéopolitique. Mardi 23 juin, Giorgia Meloni a tenté d’éteindre la polémique suscitée par les propos de Donald Trump après le sommet du G7.Par Albane de TrémiollesPublié le 24/06/2026 à 13:44Le président américain Donald Trump s'entretient avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni lors d'un déjeuner de travail avec les dirigeants du G7 et du Moyen-Orient, à Évian-les-Bains, en France, le 16 juin 2026.REUTERS/Evelyn Hockstein/PoolUn retour au dialogue entre Rome et Washington. Lors d’une interview réalisée mardi 23 juin, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a réaffirmé sa volonté de préserver les relations avec les Etats-Unis, malgré les récentes attaques de Donald Trump à l’issue du G7. Interviewée par Maurizio Belpietro lors de la soirée Verità, le mardi 23 juin à Rome, la cheffe du gouvernement a déclaré : "Je n’ai pas l’intention d’attiser davantage cette confrontation. Je pense que notre coopération bilatérale avec les Etats-Unis doit reprendre son cours normal." Vendredi dernier, Donald Trump a affirmé sur la chaîne italienne LA7 que Giorgia Meloni l’aurait "supplié" de prendre une photo avec lui lors du sommet du G7 à Evian. "Je ne l’aurais pas fait, mais j’ai eu pitié d’elle !" a-t-il ensuite déclaré. La dirigeante italienne a réagi sur X, le jour même, en qualifiant ces propos de "pures inventions". Lors de l’interview de mardi, Giorgia Meloni a appelé à dépasser la polémique et à recentrer le débat sur les enjeux de politique étrangère. "Les relations entre l’Italie et les Etats-Unis ne se résument pas à la question du pouvoir. On parle de politique étrangère comme si on était sur l’Île de la Tentation, mais c’est bien plus complexe", a-t-elle affirmé. La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de préserver les relations commerciales entre l’Italie et les Etats-Unis. Elle affirme ne voir "aucun risque de répercussions", estimant que la coopération entre les deux pays ne devrait pas être affectée par la polémique.Une volonté de peser sur le dossier iranienLe conflit entre les Etats-Unis et l’Iran a également été abordé au cours de l’entretien. "Je reste optimiste, même si les négociations sont loin d’être simples. Nous devons apporter notre contribution, dans la mesure de nos moyens, tant sur le plan diplomatique qu’en offrant notre soutien", a-t-elle déclaré. Cette prise de parole intervient après les critiques formulées par le président américain, qui reprochait à l’Italie de ne pas s’impliquer suffisamment dans ce dossier.Ainsi, Giorgia Meloni a affirmé vouloir échanger avec Emmanuel Macron sur le conflit iranien. Elle entend poursuivre les discussions alors que ni Washington ni Téhéran ne semblent attendre une implication des pays européens."Il ne s’agit pas d’une rupture définitive"Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères italien, a lui aussi pris la parole afin de soutenir la cheffe du gouvernement. Il souhaite préserver les échanges entre les deux pays. "Les alliés peuvent parfois avoir de forts désaccords - et lorsqu'il y a des attaques injustifiées, il est nécessaire de répondre - mais cela n'interrompt pas le dialogue" a-t-il déclaré. Il a ajouté : "Il ne s’agit pas d’une rupture définitive ; ce serait une erreur pour tous." Ces propos interviennent après l'annulation de sa visite aux Etats-Unis en raison des "propos graves et offensants" tenus par Donald Trump. A l'instar de Giorgia Meloni, celui-ci insiste sur l'importance de la relation diplomatique entre Rome et Washington : "L’alliance de l’Italie avec les Etats-Unis est non seulement durable, mais indispensable."Antonio Tajani met en avant les enjeux économiques de cette alliance. "L’Italie est un partenaire stratégique des Etats-Unis en Méditerranée, en Afrique et dans les Balkans", a-t-il déclaré. "Il est difficile d’imaginer que Washington puisse négliger un allié d’une telle importance. Je suis convaincu que le bon sens l’emportera" a-t-il ajouté.