TRIBUNE — Des professionnels de l’audiovisuel et des médias demandent à la direction du groupe de réconsidérer la suppression de cet “espace de liberté” qu’est le zapping quotidien, émission emblématique qui doit s’arrêter à la fin du mois. Publié le 23 juin 2026 à 12h27 Le zapping quotidien diffusé du lundi au samedi sur France 5, Vu, doit s’arrêter mardi 30 juin. Un choix fait pour des motifs économiques, a justifié la direction de France Télévisions. Mais difficile à comprendre tant ce programme emblématique — diffusé d’abord pendant vingt-sept ans sur les antennes de Canal+ puis, depuis 2017, sur le service public — occupe un rôle indispensable de vigie du PAF. Dans une tribune adressée à Télérama, des professionnels de l’audiovisuel et des médias s’émeuvent de sa disparition et appellent la direction de France Télévisions à revenir sur sa décision. — Étienne Labrunie « Nous, professionnels de l’audiovisuel et des médias, savons combien le Zapping de Canal+, chassé par Vincent Bolloré en 2016 puis sauvé par France Télévisions sous le nom de Vu, est un objet audiovisuel rare. Depuis plus de trente ans, ce programme occupe une place singulière dans le paysage médiatique français. Par la seule force du montage, sans commentaire ni voix off, il propose un reflet quotidien de ce que les images disent de notre société. Il documente notre époque. Vu n’est pas seulement une émission, c’est un regard, un espace de liberté, une mise en abyme parfois drôle, parfois amère. Un lieu où les images dialoguent entre elles et où le spectateur reste libre de son jugement. La fin de Vu, annoncée par France Télévisions le 30 juin prochain, intervient dans un contexte où les attaques contre l’audiovisuel public se multiplient, notamment à travers les conclusions du rapport Alloncle. Elle intervient aussi à un moment où notre démocratie a besoin de pluralisme, de nuance et de vigilance. À moins d’un an de l’élection présidentielle, la suppression d’un tel programme ne peut être considérée comme une simple mesure d’économie. Car, au-delà des quelques minutes d’antenne qu’il représente, Vu défend une certaine idée du service public : celle qui consiste à préserver des espaces indépendants, créatifs et libres. Nous refusons que disparaisse cet œil critique posé sur les médias et sur notre temps. Nous appelons France Télévisions à reconsidérer sa décision et à maintenir Vu à l’antenne. » SignatairesLa Société des journalistes de France Télévisions (SDJ), rédaction nationaleVincent de Cointet, président de la commission audiovisuelle de la Scam (Société civile des auteurs multimédia)Fabrice Arfi, journalistePascale Clark, journalistePatrick Cohen, journaliste et éditorialisteCyril Lacarrière, journaliste et éditorialiste médiaThomas Legrand, journaliste et chroniqueurPierre Lescure, journaliste et ancien pdg de Canal+Guillaume Meurice, humoriste et chroniqueur radioCharline Vanhoenacker, journaliste et humoriste À lire aussi : Les émissions d’histoire menacées… et tout ce qui change à France Télévisions à la rentrée Télévision France Télévisions Tribune Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
Fin du zapping de France Télé : “Ne zappons pas ‘Vu’”, appellent Patrick Cohen, Pascale Clark, Pierre Lescure...
TRIBUNE — Des professionnels de l’audiovisuel et des médias demandent à la direction du groupe de réconsidérer la suppression de cet “espace de liberté” qu’est le zapping quotidien, émission emblématique qui doit s’arrêter à la fin du mois.










