La justice iranienne reproche à l’artiste, ainsi qu’à sept autres personnes, d’avoir produit et diffusé “sur internet des contenus vulgaires et immoraux”. Parastoo Ahmadi en 2024. Photo Hossein Ronaghi/Wikipédia Commons Par Télérama, avec AFP Publié le 22 juin 2026 à 10h45 Un tribunal iranien a condamné la chanteuse Parastoo Ahmadi et sept autres artistes à 74 coups de fouet chacun pour avoir diffusé un concert sur YouTube, selon sa vidéaste et un média local. Dans cette prestation, retransmise en direct en décembre 2024 et en ligne depuis, Parastoo Ahmadi interprétait des chansons empreintes de force et de mélancolie devant une salle vide, sur une scène faiblement éclairée et décorée d’un simple tapis persan, dans l’enceinte d’un caravansérail traditionnel. Elle était accompagnée d’un pianiste, d’un batteur, d’un guitariste et d’un bassiste, tous vêtus de noir, tandis qu’elle portait une longue robe à bretelles, les lèvres maquillées en rouge. En Iran, les femmes n’ont pas le droit de chanter en public. Elles sont en outre tenues de porter des tenues couvrantes ne révélant pas leurs formes et de porter le voile. Le concert a été visionné trois millions de fois sur la chaîne youtube de la chanteuse, et des milliers de fois supplémentaires sur d’autres réseaux. « Deux ans d’interdiction d’exercer toute activité artistique et de quitter le pays et 74 coups de fouet pour nous tous », a écrit jeudi sur Instagram la vidéaste Tahmineh Monzavi. Cette dernière ainsi que Parastoo Ahmadi, les musiciens et les autres personnes impliquées dans la production avaient été placés en détention provisoire quelques jours après la diffusion du concert. Des médias iraniens avaient ensuite annoncé leur libération sous caution, tandis que le site d’information judiciaire en ligne Mizan Online soulignait qu’une plainte avait été déposée pour interprétation de chansons « sans respect des normes légales et religieuses ». Mizan et d’autres sites internet officiels n’ont pas confirmé la condamnation à 74 coups de fouet mais la plateforme d’information iranienne Emtedad a relayé la nouvelle jeudi. À lire aussi : “En Iran, un crime contre l’humanité est en train d’être commis” Selon Emtedad, la sentence a été rendue par le tribunal pénal provincial de Qom, ville sainte du nord de l’Iran, au chef « d’atteinte à la pudeur pour avoir produit et diffusé sur internet des contenus vulgaires et immoraux ». De plus en plus d’Iraniennes apparaissent sans hijab, notamment depuis les manifestations qui ont éclaté après la mort en détention en septembre 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour infraction au code vestimentaire. L’Iran a de nouveau été secoué par des manifestations à l’échelle nationale, qui ont atteint leur apogée en janvier, avant que les États-Unis et Israël n’entrent en guerre contre ce pays. Parmi les paroles reprises Parastoo Ahmadi figuraient des références aux jeunes Iraniens détenus pour avoir protesté contre les autorités. À lire aussi : “Où serais-je si je n’avais pas quitté l’Iran ? Tuée, sur un trottoir de Téhéran ?” Musique Société Iran Justice Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner