Publié le 20 juin 2026 à 12:17. / Modifié le 20 juin 2026 à 12:18.

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Parce qu’elle ne voulait pas d’œuvres hors sol, la nouvelle équipe de bénévoles d’Art Môtiers a, dans un premier temps, invité une soixantaine d’artistes à visiter le parcours puis à déposer un projet inspiré par les lieux. En janvier 2025, le jury a ainsi sélectionné 33 artistes ou collectifs dont les œuvres trouvent place cet été dans le village et ses alentours, comme c’est le cas depuis la première édition, en 1985. Ce processus permet d’avoir des œuvres jouant avec les spécificités de la région sans tomber dans l’anecdotique, et qui osent souvent l’humour, même avec des sujets graves.Le parcours commence à la gare avec une installation de Zimoun. Oui, il s’agit simplement de 35 grandes poubelles vertes, telles qu’on les voit dans les rues de Môtiers. Mais l’artiste, concepteur de sculptures sonores souvent d’envergure, faites de papier froissé, de cartons et d’autres matériaux du quotidien, a réuni ces conteneurs pour les faire vibrer, dans une symphonie de rythmes. De quoi jeter un œil poétique sur l’objet le plus trivial.

Sandrine Pelletier, «Chimère». — © Prune Simon-Vermot & Emilie Pelletier

On entre ensuite dans le temple protestant. The Good Mother, de Noémie Doge, questionne deux citations de Jean-Jacques Rousseau. «Les femmes, en général, n’aiment aucun art, ne se connaissent à aucun, et n’ont aucun génie», écrit en note de sa Lettre à M. d’Alembert sur les spectacles celui qui dédie son Emile – l’ouvrage, avec Du Contrat social, qui lui vaut son exil à Môtiers en 1762 – à «une bonne mère qui sait penser», en l’occurrence Louise Dupin, considérée comme une pionnière du féminisme. Les mots misogynes de l’écrivain sont inscrits sur de grands voiles, où l’on voit dessiné un immense œil féminin, paupière baissée.