Au-dessus de la porte principale, l’enseigne affiche encore Ultra I&C. Pourtant, on est bel et bien au siège d’une entreprise canadienne historique, Marconi Technologies. « Ne faites pas attention aux étiquettes, que ce soit à la porte ou sur certains produits. Aujourd’hui, on est résolument canadiens », assure le président-directeur général de la compagnie, Alain Cohen.Il y a deux mois à peine, l’entreprise de défense Marconi Technologies appartenait encore au fonds d’investissement américain Advent. En mai, elle est repassée sous pavillon canadien et a repris le nom de son fondateur, Guglielmo Marconi, inventeur du radiotélégraphe, qui avait établi la Canadian Marconi Company en 1903 à Montréal.Ce retour au bercail est intervenu quelques semaines avant l’annonce d’une excellente nouvelle pour l’entreprise. Lundi, au premier jour du sommet du G7, Marconi Technologies s’est retrouvé sous le feu des projecteurs. L’entreprise est en effet devenue la première compagnie canadienne à bénéficier d’un contrat de défense avec l’Europe. Dans le cadre du programme Action pour la sécurité en Europe (SAFE), elle a remporté un contrat de 10 millions pour fournir des radios tactiques à l’armée polonaise.Le Devoir a visité ses installations de l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent.Redevenir canadienneNée au début du XXe siècle et spécialisée dans le domaine des télécommunications, Marconi a en grande partie délaissé le marché civil pour celui de la défense depuis la Seconde Guerre mondiale. L’entreprise montréalaise, dont le chiffre d’affaires dépasse les 100 millions de dollars américains, destine aujourd’hui près de 80 % de sa production aux armées du monde entier et exporte environ 95 % de ce qu’elle fabrique.« C’est tellement rare de prendre une entreprise déjà mature, qui est exportatrice, et de la ramener sous contrôle canadien. On est très fiers et on veut devenir un fleuron national », explique son p.-d.g., Alain Cohen.